Macron et le déconfinement

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Le 31 mars, Macron se vantait de voir la vaccination prendre son envol car « c’est la clé pour rouvrir notre pays ». Depuis, plus de 14,6 millions de personnes ont reçu une première dose, soit 25,85% des plus de 16 ans en date du 24 avril. L’accélération a lieu mais le traitement préventif reste loin des 80 % nécessaires (en ajoutant les personnes contaminées) à l’immunité de masse… si des « variants » du virus covid-19 capables de déjouer les vaccins actuels n’apparaissent pas entretemps.

L’humanité est une

Or, faute de vaccination de masse à l’échelle mondiale, la pandémie poursuit sur sa lancée à l’échelle mondiale. Selon la théorie scientifique de l’évolution, cela crée le terrain de multiples mutations du virus, dont certains variants se révèlent plus contagieux.

Certes, Macron promet que pour les pays pauvres la livraison va « s’accélérer après l’été ». (CBS, 18 avril). En fait, le dispositif international Covax de diffusion des vaccins aux pays pauvres n’a livré que 38 millions de doses à ce jour sur les 2 milliards prévues.Le Brésil, l’Argentine et l’Inde sont les foyers pandémiques majeurs qui touchent, comme ailleurs, surtout les classes exploitées. La population française est déjà touchée à Mayotte et en Guyane.

Le respect de la propriété privée des brevets vaccinaux des groupes capitalistes de la Big Pharma, qui ont mis au point des vaccins en pillant la recherche publique et avec l’aide de subventions publiques, est la cause de cette barbarie. Même dans l’Union européenne, une fois le contrat de 870 millions d’euros signé avec l’Union européenne, les dirigeants anglo-suédois d’AstraZenzca n’ont livré que 40 millions de doses sur les 120 millions promises. La priorité des patrons d’AstraZeneca est manifestement le marché britannique. Pfizer-Biontech et Moderna livrent leur production d’abord au meilleur client : les États-Unis.

L’épidémie n’est pas sous contrôle en métropole

Les travailleurs et travailleuses des hôpitaux publics assurent, en ce moment même, les soins dans des conditions très pénibles : manque de lits et de personnels, pas de renforts extérieurs, annulation de congés et heures supplémentaires obligatoires tout en étant aussi touchés par la maladie. Réanimatrice à l’hôpital Bichat et membre du conseil scientifique, Lila Bouadma désigne le coupable sans le nommer : « On annonce 300, 400 morts tous les jours et il ne se passe pas grand-chose. Est-ce bien acceptable ? Je ne le pense pas ». (Le Monde, 15 avril).

Le 28 avril, la hausse du nombre de malades se stabilise à 30 281 hospitalisés « Covid » et 5943 en réanimation, soit 116 % des lits occupés par déprogrammation des autres soins. La mortalité stagne de 297 le 2 avril à 291 morts le 27 avril. Les testés positifs sont toujours nombreux passant de 40000 au 31 mars à 31000 le 27 avril ; l’incidence baisse donc lentement.

Le R0, qui donne le nombre moyen de personnes contaminées par malade est descendu à 0,95 mais ne baisse plus pour l’instant.

Pourtant, le gouvernement Macron-Castex ne veut pas pénaliser le capitalisme français, alors que le rival chinois est reparti dès 2020, que les rivaux américain, britannique et allemand s’apprêtent à le faire sur la base d’une vaccination plus importante. Il mise non seulement sur la vaccination, mais la montée de la température. Il continue à supprimer des lits à l’hôpital public alors qu’il crée des postes dans la police et dans l’armée. Il prépare la suppression des dispositifs d’activité partielle.

Le 29 avril, le président confirme, malgré des données médicales peu satisfaisantes :

  • le 3 mai, la levée des restrictions de déplacement, la réouverture des collèges et des lycées ;
  • le 19 mai, le report à 21 h du couvre-feu, la réouverture prudente des commerces fermés, des terrasses de café et de restaurant, des établissements sportifs, des musées, des théâtres et des cinémas ;
  • le 9 juin, la réouverture des salles de cafés et restaurants ;
  • le 30 juin, la fin du couvre-feu.

Pour la rupture avec Macron et la bourgeoisie française

Les organisations de la classe ouvrière, partis et syndicats, doivent cesser de collaborer avec ce gouvernement et entrer dans la voie de la défense des travailleurs de première, deuxième ou troisième ligne :

  • Création des postes nécessaires dans la santé publique, augmentation des salaires ! Expropriation des cliniques privées et des groupes pharmaceutiques !
  • Suppression des brevets des respirateurs et des vaccins, fabrication en masse dans le monde entier, vaccination gratuite de tous !
  • Annulation des loyers des travailleurs indépendants qui n’ont pas pu travailler à la suite des mesures gouvernementales, des loyers des travailleurs qui ont perdu leur emploi !
  • Isolement confortable des cas contacts, des voyageurs, des malades qui ne sont pas en danger, hébergement des mal-logés par réquisition des hôtels !
  • Aucune baisse de salaire, interdiction des licenciements, réduction du temps de travail et embauche ! Titularisation des précaires de la fonction publique, salarisation des faux indépendants victimes des entreprises du bâtiment et des plateformes de livraison, autorisation de séjour pour les tous les travailleurs et étudiants étrangers !

29 avril 2021