Sur la prise d’assaut du Congrès : Ne paniquez pas, organisez-vous ! Front unique ouvrier contre le fascisme ! (UFCLP/États-Unis)

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(Anglais / English)

Des partisans fascistes de Trump ont exigé que Trump soit déclaré à nouveau président, alors même qu’il avait perdu le vote populaire. Un régiment entièrement blanc d’hommes armés jusqu’aux dents marcha à Washington et prit d’assaut le Congrès (parlement composé de la Chambre des représentants et du Sénat, réuni le 6 janvier pour officialiser l’élection présidentielle] pour monter un véritable putsch. Les photos prises sur la scène du crime en disent long. Les agresseurs ne plaisantaient pas ; ils portaient des fusils automatiques, des cordes et des menottes pour prendre des otages, et des drapeaux sudistes avec l’inscription « Trump est le président ». Il y a des photos de policiers ouvrant la porte et encerclant les tireurs pour les protéger contre… l’arrestation par d’autres policiers !

Quelques heures après le siège du Congrès, des bandes paramilitaires de droite dans d’autres États comme l’Oregon et le Kansas descendirent dans la rue. Il est exclu que le FBI et les autres agences de sécurité aient été inconscientes des plans des fascistes pour une violence à grande échelle. Elles les laissèrent néanmoins se dérouler. Il est indéniable que des manifestants de Black Lives Matter, des militants de gauche, des travailleurs, ou des membres d’organisations de gens de couleur auraient été abattus pour beaucoup moins de ravages ! Les événements à Washington et ailleurs pointent vers une organisation synchronisée, bien soudée des fascistes, en tandem avec la police.

Rien de cela ne devrait surprendre quiconque. La pandémie combinée à la rhétorique et aux politiques racistes de Trump a délié le racisme vil qui a existé dans ce pays depuis sa création. Les États-Unis sont basés historiquement sur le génocide de la population indigène et sur l’esclavage. La politique capitaliste a opposé chaque groupe ethnique aux autres pendant des années, poussant vers le bas les salaires de tous les travailleurs. L’impérialisme étatsunien a déraciné les travailleurs à l’échelle internationale, en particulier en Amérique latine, et les a forcés à émigrer vers les États-Unis. Cela a alimenté le feu de ces voyous racistes. Trump parle avec haine des opprimés, alors que ses actions continuent d’élargir les divisions raciales dans la classe ouvrière. Ces tensions ne peuvent qu’aboutir à la violence raciste. Nous ne devrions pas avoir été surpris. En fait, nombre d’entre nous, en particulier les révolutionnaires, avons prédit ceci depuis des années.

Ces derniers mois, l’UFCLP a averti des violences déchaînées à la fois par la police et par les bandes paramilitaires contre les manifestants qui réclament la justice pour les victimes de la terreur policière. Nous avons attiré l’attention sur la nature de plus en plus organisée des prétendues « contre-manifestations » appelées par les suprématistes blancs. Nous avons exigé que la gauche et la classe ouvrière organisée forment des fronts uniques et des comités de sécurité publique. Quand les Républicains semblaient reculer face à une mince victoire démocrate, nous avons fait savoir que cette concession était une tactique pour gagner du temps et attiser un soutien. Nos avertissements ne tombaient pas du ciel, mais résultaient d une observation soigneuse des tactiques et actions de Trump. Tout au long de l’été, Trump a fait tout en son pouvoir pour mettre à terre la révolte populaire anti-raciste et voler l’élection. Il a déposé le commandant des Forces armées quand ce dernier a refusé de déployer les troupes contre le peuple en révolte. Les menaces de Trump d’annuler l’élection et de rester au pouvoir quels que soient les résultats étaient familières. Aujourd’hui, nous observons leur apogée ! Ce n’est pas la « foule » raciste ordinaire à laquelle ce pays est malheureusement habituée. C’est une attaque fasciste organisée.

La direction syndicale a été portée disparue, permettant aux politiciens capitalistes, tant démocrates que républicains, de suivre l’exemple de leurs patrons, permettant à Trump de devenir le chef du monde « libre ». Trump n’est pas apparu de nulle part. Le terrain a été préparé pour lui depuis plus de quarante ans. Lors des années 1970, les travailleurs ont commencé à prendre le coup : la sous-traitance est devenue le pilier du développement capitaliste, la privatisation des services publics régna, et de nombreux travailleurs furent à peine capables de tenir leurs emplois. En même temps, la stratégie sudiste fut employée, montant les blancs de la classe ouvrière contre les travailleurs de couleur. La direction syndicale ne se dressa pas contre les réductions. En fait, quand les contrôleurs aériens entrèrent en grève en 1981, les travailleurs furent laissés le bec dans l’eau par les bureaucrates qui refusèrent d’appeler à une grève générale pour les soutenir. Des capitulations comme celle-ci jetèrent finalement les travailleurs blancs dans les griffes d’un démagogue comme Trump. Toutefois, les soi-disant dirigeants syndicaux ont soutenu les Démocrates qui ont démontré à maintes reprises qu’ils sont aussi anti-ouvriers que les Républicains. On nous demande encore de faire confiance à la police, qui sont les mêmes hommes de main qui tirent sur les Noirs quotidiennement. Il faut maintenant payer les pots cassés ! L’explosion était inévitable !

Nous ne devrions nourrir aucune illusion que les Démocrates viendront à notre rescousse, car ils n’ont pas la volonté de combattre même pour leur élection gagnée démocratiquement. Les événements d’aujourd’hui ont irréfutablement prouvé que compter sur les forces de « la loi et l’ordre » pour maintenir leurs propres règles est une erreur mortelle. En fait, le maire de Portland a maintenant dit qu’il est prêt à tirer sur les Antifas, au lieu des Proud Boys [groupe fasciste] qui ont engendré la crise à Portland. Ted Wheeler, un démocrate, est allé à la télévision nationale pour annoncer qu’il ne tolèrera plus la contestation, et par conséquent il pourchassera les Antifas. On peut s’attendre à ce genre de rhétorique de plus en plus de la part de personnalités officielles. Nous avons vu tout cela auparavant. Le capitalisme a déjà plongé le monde dans deux guerres mondiales et d’innombrables autres, tuant un nombre incalculable de millions de personnes. Les capitalistes et leurs valets politiques sont des criminels contre l’humanité.

Ce genre de carnage continuera si nous le laissons, atteignant gravement les gens de couleur. Ce pays est dans une crise profonde parce que le capitalisme suffoque dans son agonie. À moins qu’il y ait un mouvement de la classe ouvrière pour agglomérer un défi coordonné contre cet assaut capitaliste, la répression continuera contre les gens qui combattent pour leurs droits légitimes. La police sévira encore plus contre les gens de couleur pour toute transgression perçue.

Nous avons besoin de construire un parti politique basé sur l’auto-activité de la classe ouvrière, et finalement, nous avons besoin d’une société qui est construite et contrôlée par les travailleurs. Le seul moyen de survivre à la dévastation des guerres imposée globalement aux membres de la classe ouvrière est de changer la société, d’une basée sur les profits à une basée sur la coopération humaine. Cela signifie construire une société socialiste. Comme premier pas, nous devons former un parti ouvrier indépendant des politiciens capitalistes, qui guidera la classe ouvrière dans la lutte pour ses droits et ceux de tous les opprimés.

Les incidents au Capitole sont les premiers parmi d’autres à venir. Nous devons décider en tant que travailleurs comment garder fermement la tête haute contre les fascistes, pour défendre et étendre nos conquêtes démocratiques, et comment nous finirons par débarrasser le monde du capitalisme.

En avant pour le front unique ouvrier contre le fascisme ! En avant pour le Parti ouvrier ! À bas les fascistes ! Grève générale pour défendre et étendre nos conquêtes démocratiques ! Des millions de camarades ouvriers, dans les rues le 20 janvier [date de la passation des pouvoirs] !

6 janvier 2021

UFCLP (Comité de front unique pour le Parti ouvrier)

Traduction en français : Groupe marxiste internationaliste (section française du CoReP)