4 octobre 2020 : un nouveau référendum contre l’indépendance en Nouvelle-Calédonie/Kanaky

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Une colonie française

L’État français a dû concéder l’indépendance à la plupart de ses colonies. Il a conservé quelques confettis de l’empire colonial dont la population actuelle préfère majoritairement le rattachement à un grand État qui offre encore de la protection sociale et des services publics. La « France d’outre-mer » (administrativement, les DROM-COM) reste importante aux yeux de la bourgeoisie française, pour ses ressources terrestres (par exemple, la Nouvelle-Calédonie est le cinquième producteur mondial de nickel) ainsi que pour ses « eaux territoriales » (12 miles marins, 22 km) et ses « zones économiques exclusives » (200 miles, 370 km). Cet atout dans les rivalités inter-impérialistes est cher aux yeux de tous les partis au drapeau tricolore.

Grâce à ces territoires, la France est le seul État au monde à être présent sur quatre continents et dans tous les océans du globe, ce qui lui confère le deuxième domaine maritime mondial, avec 11 millions de km2. (LFI, Les Outre-mer, notre chance, décembre 2016)

La Nouvelle-Calédonie n’y est pas pour rien. C’est un archipel d’Océanie situé dans l’océan Pacifique qui a été peuplé voici 3 000 ans. Il a été colonisé en 1853, sous Napoléon III, après que les indigènes (les Kanaks) se furent débarrassés des missionnaires britanniques en 1842. L’État français y fait venir une population européenne et aussi du reste de l’empire, souvent par la contrainte (déportés de droit commun ou politique : Communards, résistants algériens…). Alors que les Kanaks parlaient des langues différentes, le français de l’administration coloniale s’impose comme langue commune. Le patriarcat capitaliste français se combine à la forme précapitaliste, coutumière.

La IIIe République, prétendument laïque en métropole, livre carrément le petit archipel voisin de Wallis et Futuna à la congrégation catholique des pères maristes qui le met en coupe réglée.

En 1905, la mission est le premier pouvoir à Wallis et Futuna. Elle est puissante et riche et tire des revenus de ses propriétés, des quêtes, des amendes, des dons. De plus, les fidèles effectuent de nombreux travaux gratuitement… La mission contrôlait la vie locale. Elle s’opposa à toute tentative d’école publique. (Marc Soulé, « Relations coutume, État, Église à Wallis et Futuna 1837-1961 », Outre-mers, n° 348, 2e semestre 2005)

En Nouvelle-Calédonie, l’armée dirige. L’enseignement primaire est tout sauf obligatoire et laïque, même quand la république succède à l’empire.

Pendant près d’un siècle, de 1853 à l’après-guerre, ce sont les missionnaires, catholiques et protestants, qui ont « instruit » les « naturels »… Auxiliaire de l’évangélisation, la scolarisation était aussi indissociablement le moyen d’instaurer la colonisation par-delà l’action militaire L’efficace propre à l’école confessionnelle tenait à ce qu’elle assurait l’inféodation morale des Mélanésiens en diffusant la doctrine chrétienne, qui constituait l’unique idéologie susceptible d’amener ces derniers à intérioriser leur subordination. Il n’y avait par conséquent pas d’inconvénient majeur, du point de vue colonial, à ce que les préoccupations religieuses l’emportent sur la diffusion des connaissances. (Jean-Marie Kohler & Loïc Wacquant, « La question scolaire en Nouvelle-Calédonie », Les Temps modernes n° 464, mars 1985)

Contre le vol des terres et la conscription, les Kanaks se soulèvent en 1878, en 1917 (voir Révolution communiste n° 32). À chaque fois, ils sont écrasés sans pitié par l’armée de « la République ». L’immigration venant de métropole (les « caldoches ») ainsi que de Wallis et Futuna se poursuit de la 2e Guerre mondiale à nos jours.

La Nouvelle-Calédonie est un archipel d’Océanie situé dans l’océan Pacifique qui a été peuplé voici 3 000 ans. Il a été colonisé en 1853 par la France. Les Kanaks se sont soulevés en 1878 et en 1917 et ont été massacrés par l’armée de « la République ».

La nouvelle révolte des Kanaks

En 1979, les organisations kanakes s’unissent pour participer aux élections dans le Front indépendantiste (FI). Il s’agit d’une coalition de collaboration de classes. Son axe est l’Union calédonienne (UC), un parti chrétien fondé en 1953, lié à l’origine au MRP de métropole (aujourd’hui UDI et MoDem), mais passé ensuite de la revendication de l’autonomie à celle l’indépendance sous la houlette de l’ancien séminariste Jean-Marie Tjibaou. Le parti bourgeois a comme alliés le Parti socialiste calédonien, un parti réformiste né en 1976, lié aux syndicats locaux ; l’Union progressiste multiraciale (UPM), un groupe indépendantiste, fondée en 1974 en liaison avec la LCR de métropole (aujourd’hui NPA) ; le Parti de libération kanak (Palika), un parti petit-bourgeois indépendantiste né en 1975, et le Front uni de libération kanak (FULK), créé en 1977. Les nationalistes souffrent de plus d’un handicap : le territoire n’a pas de frontière terrestre avec un État qui pourrait les appuyer, l’ethnie à laquelle il s’adresse n’a pas la majorité absolue dans la population (41 % en 2019), ils sont très divisés.


Insee, 29 octobre 2020

En 1981, le Front indépendantiste soutient à l’élection présidentielle la candidature de Mitterrand (PS) dont il espère naïvement qu’il accordera l’indépendance. Le Palika quitte le front, mais une minorité scissionne pour fonder Libération kanake socialiste (LKS) qui soutient la candidature de Marchais (PCF) et reste au FI. Un dirigeant indépendantiste, Pierre Declercq (UC) est assassiné. Les tueurs ne seront jamais identifiés. Des manifestations et des barrages se multiplient. En juin 1982, les loyalistes du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), dirigé par le capitaliste caldoche Jacques Lafleur en lien avec Chirac (RPR, aujourd’hui LR), descendent dans la rue (8 000 personnes à Nouméa), décrètent une « grève générale » et investissent l’Assemblée territoriale.

Chirac et Mitterrand liquident physiquement l’aile armée


1er mai 2019, cortège de l’USKTE

Le FI se renomme Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et boycotte les élections locales. LKS le quitte et Palika le rejoint. L’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USKTE) qui vient d’être fondée adhère au FLNKS. Des barrages sont dressés un peu partout en brousse par les indépendantistes, un siège de Thio est organisé par Éloi Machoro (secrétaire générale de l’UC et ministre de la sécurité du gouvernement provisoire) en novembre 1984 : les propriétaires caldoches sont désarmés et la gendarmerie occupée. Le 1er décembre, le FLNKS proclame un Gouvernement provisoire de Kanaky. Un caldoche est tué lors d’un affrontement sur un barrage le 2 décembre. Trois jours plus tard, dix militants indépendantistes sont assassinés dans une embuscade montée par des loyalistes. Le RPR gagne les élections législatives françaises de 1986 et Chirac devient premier ministre. Le 29 octobre 1987, la cour d’assises de Nouméa, dont le jury ne comprend pas un seul Kanak, acquitte les sept auteurs du massacre.

En janvier 1988, des indépendantistes attaque une gendarmerie française à Ouvéa : 4 gendarmes sont tués et une vingtaine sont fait prisonniers. Sur les ordres conjoints (« opération Victor ») du président Mitterrand et du premier ministre Chirac, les forces spéciales de la gendarmerie, de l’armée et des services secrets de l’impérialisme français liquident, le 12 janvier, 19 militants indépendantistes, dont Machoro. Une quasi guerre civile s’ensuit.

Le FLNKS capitule et signe les accords de Matignon et de Nouméa

Mitterrand gagne l’élection présidentielle de mai 1988. Grâce aux limites politiques des indépendantistes survivants et à la terreur étatique, son premier ministre Michel Rocard impose de négocier à Paris l’accord de Matignon-Oudinot, signé par le FLNKS et le RPCR le 26 juin 1988. L’État français découpe la Nouvelle-Calédonie en 3 provinces (Îles Loyauté, Nord et Sud), ce qui prévient une sécession totale de l’archipel. Il assure transitoirement durant un an l’exécutif du territoire qui doit être ensuite transféré au gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Les drapeau kanak et le drapeau français flottent ensemble dans les lieux officiels. Le gouvernement provisoire de Kanaky est dissous par le FLNKS.

Un référendum d’autodétermination est prévu en 1998 avec un corps électoral plus large que les Kanaks puisqu’il inclut toutes les personnes demeurant en Nouvelle-Calédonie depuis 10 ans. Les partis sociaux-impérialistes français, PS et PCF soutiennent l’accord. Deux signataires du FLNKS, Tjibaou et Yéwéné, sont assassinés en mai 1989 par un indépendantiste. L’État français partage la principale ressource du territoire, de manière à renforcer la bourgeoisie kanake et domestiquer le FLNKS. Dans la province nord, la mine de nickel du Koniambo, située à Voh, est cédée aux indépendantistes. Ils en confient l’exploitation à une co-entreprise, la Koniambo Nickel SAS (KNS). La Société minière du sud-Pacifique (SMSP) possédée par les chefs tribaux est l’actionnaire majoritaire de KNS avec 51% des actions, 49 % étant détenues par le groupe Glencore, un groupe capitaliste anglo-suisse.

Le nickel représente environ 5 % du produit intérieur brut du « pays » et 6 % des salariés. Trois sites sont présents : la Société Le Nickel (SLN), l’acteur historique dont Eramet est l’actionnaire majoritaire ; Vale Nouvelle-Calédonie (Vale NC), filiale du groupe brésilien Vale, en province Sud, et Koniambo Nickel SAS (KNS), construit après l’accord de Nouméa, dont la province Nord, dirigée par les indépendantistes, est actionnaire par l’intermédiaire de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP). (Le Monde, 13 mai 2020)


L’usine KNS, L’Usine nouvelle, 27 octobre 2010

Aux élections de 1995 et de 1999, Palika, l’UPM et UKS scissionnent de fait le FLNKS en présentant des candidats sous l’étiquette Union nationale pour l’indépendance-FLNKS (UNI). Le FLNKS officiel se réduit plus ou moins à l’UC.

En 1998, le FLNKS et le RPCR, qui partagent le pouvoir local depuis 10 ans, décident de repousser le référendum. Sous la houlette du président Chirac (RPR) et du premier ministre Jospin (PS), ils signent l’accord de Nouméa qui accepte le découpage en trois provinces. En paroles, l’accord prétend procéder à la « décolonisation » (art. 4) et reconnaître « l’identité » kanake (art. 1, 3), tout en entérinant la « légitimité des autres communautés » (art. 2, 4). Il ajoute aux institutions créées en 1989 un « Sénat coutumier », décide le transfert de la plupart des pouvoirs à la collectivité, sauf la défense, la monnaie et la diplomatie. Le pouvoir exécutif est exercé par le « gouvernement de Nouvelle-Calédonie » désigné par « le congrès » élu à la proportionnelle au suffrage universel direct tous les 5 ans en même temps que les assemblées des provinces. La décision sur l’indépendance est reportée à trois référendums locaux successifs en 2018, 2020 et 2022 sur « liste électorale spéciale ».

Plus d’autonomie, plus de capitalisme

L’impérialisme chinois commence à rivaliser avec le japonais et l’américain dans la zone Pacifique. L’État français tente de conserver la Nouvelle-Calédonie dans ce contexte. Il développe les infrastructures, l’instruction, la santé. La proportion de diplômés est multipliée par cinq.

Pour l’élection présidentielle française de 2012, tous les partis du FLNKS figurent dans le comité de soutien à François Hollande. Les appareils indépendantistes s’intègrent à l’État et à la classe dominante.

Au fil des ans, les réformes ont créé des postes, apporté des voitures de fonction, des rémunérations, des voyages tous frais payés en métropole, des situations. (Le Monde diplomatique, novembre 2018)

Pour les autres, l’amélioration n’est pas toujours évidente. L’illettrisme n’a pas disparu : 33 % de la population éprouve des difficultés pour lire. Les prix sont plus élevés qu’en métropole (33 % de plus) alors que le salaires minimum est inférieur (20 % de moins). La fiscalité, qui n’est pas progressive, pèse sur les plus pauvres. Les écarts de revenus sont deux fois supérieurs à ceux de la métropole, les 10 % les plus riches ayant un niveau de vie 7,9 fois supérieur aux 10 % les plus pauvres. À Nouméa, ceux qui marchent le long de la voie express pour regagner en tongs les « squats » ont tous la peau foncée. L’alcoolisme, la consommation de drogues, l’incivilité et la délinquance augmentent en flèche. Dans les tribunaux de l’ordre pénal, les juges ont la peau blanche et les prévenus la peau noire. Dans la prison de Camp Est de Nouméa, surpeuplée, 95 % des détenus sont mélanésiens (Kanaks, Wallisiens, Futuniens…).

Mis en difficulté en 2015 par la baisse mondiale des cours de matières premières, l’archipel s’enfonce dans la crise économique bien avant la métropole. En 2016, l’État vient en aide à la filière nickel : défiscalisation, subvention, garantie d’emprunt…

Déjà deux référendums contre l’indépendance

En 2007, le syndicat indépendantiste USTKE, le 2e après l’USOENS (lié à la CFDT), crée le Parti travailliste (PT) qui s’oppose au FLNKS. En métropole, le NPA, qui succède à la LCR, tout en courtisant le PT, se joint au choeur des réformistes pour vanter les accords de Matignon et Nouméa.

Le processus de décolonisation est à l’oeuvre depuis 1988, il a été confirmé en 1998 par les accords de Nouméa. (L’Anticapitaliste, 9 octobre 2019)

La liste spéciale du référendum comprend les électeurs prévus en 1998, les Kanaks qui n’ont fait aucune démarche d’inscription, les résidents depuis 20 ans, les personnes nées avant le 1er janvier 1989 habitant la Nouvelle-Calédonie depuis 1988, etc.

Le 4 novembre 2018, le premier se tient. Plus de 56 % des électeurs votent non à l’indépendance (voir Révolution communiste n° 32). Le porte-parole de LFI invite les indépendantistes à s’incliner.

J’imagine aujourd’hui aussi leur déception. Mais voilà, il y a eu un vote, il faut en tenir compte. (Éric Coquerel, France info, 4 novembre 2018)

À l’approche du référendum de 2020, les principaux partis bourgeois français, LREM, LR et RN, font campagne pour le non. Les partis sociaux-impérialistes (PS, LFI, PCF) sont neutres. Sur place, Calédonie ensemble (proche de LREM et pour la poursuite de l’autonomie, 15 élus au congrès) et l’Avenir en confiance (proche de LR et pour le statuquo, 13 élus) appellent à voter non, le FLNKS (13 élus) et l’UNI (9 élus) à voter oui, tandis que le PT (2 élus) boycotte.

Le 4 octobre 2020, sur les 180 799 électeurs inscrits, 154 918, soit 85,7 %, ont pris part au vote. À la question déjà posée en 2018 « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », les votants ont majoritairement répondu non, à 53,3 % contre 46,7 % pour le oui. L’écart s’est donc resserré depuis 2018.

Dans la province Sud, qui concentre l’activité économique et une population majoritairement européenne, le non l’emporte largement, avec 70,9 % des suffrages exprimés, malgré une progression du oui de 3,26 points, qui passe de 25,9 % à 29,1 %. Dans les provinces Nord et des îles Loyauté, majoritairement kanak, le oui recueille une majorité écrasante, avec respectivement 78,3 % et 84,3 %.

Le FLNKS transforme la défaite en victoire : « Ça reste notre victoire car le oui progresse » (4 octobre). Les partis sociaux-impérialistes respectent le cadre fixé par l’État français.

Le non l’a emporté, il convient donc de poursuivre et amplifier le processus d’autonomie et de responsabilité. (PCF, Communiqué, 4 octobre)

Cette poursuite du processus initié par Michel Rocard puis Lionel Jospin, qui a survécu à toutes les alternances est la garantie d’une solution démocratique, pacifique et inclusive. Le Parti socialiste salue l’ensemble des forces politiques, loyalistes ou indépendantistes, qui ont fait preuve de responsabilité et de dignité dans un débat qui peut inquiéter une certaine partie de la population. (PS, Communiqué, 4 octobre)

LO ne se prononce pas non plus pour le droit à l’indépendance.

Pour le droit inconditionnel du peuple kanak à l’indépendance, pour la révolution sociale

N’en déplaise aux nationalistes mélanésiens bourgeois (FLNKS, UNI) et petits-bourgeois (PT), il n’y a pas plus de « valeurs kanakes » que de « valeurs françaises ». Le noeud du problème est d’unir en Océanie le prolétariat (qu’il soit d’origine mélanésienne, européenne ou autre) contre la bourgeoisie (qu’elle soit française, australienne, chinoise, kanake…) pour défendre les intérêts des travailleurs, exproprier le capital, organiser et développer l’économie collectivisée à l’échelle régionale.

Pour y parvenir, il faut construire des partis ouvriers révolutionnaires qui prennent en compte l’oppression nationale des « peuples autochtones » car elle persiste en Nouvelle-Calédonie, en Nouvelle-Zélande, en Australie, etc. C’est une des conditions de la révolution prolétarienne locale, continentale et mondiale. Par conséquent, il faut défendre le droit à l’autodétermination des Mélanésiens en Nouvelle-Calédonie/Kanaky pour leur laisser le droit de séparer tout l’archipel de l’État français et constituer un État pluriethnique et métissé qui accordera les mêmes droits à tous les résidents qui accepteront ce nouveau cadre politique.

En même temps, les communistes internationalistes avertissent des limites de l’indépendance politique d’un micro-État de la taille de la Nouvelle-Calédonie, même si elle n’est pas victime d’une partition opérée par l’impérialisme français. Restés capitalistes dans un environnement capitaliste, les Fidjis (890 000 habitants, indépendantes en 1970) ou Vanuatu (300 00 habitants, indépendant en 1980) n’échappent pas à la pauvreté, à la domination économique étrangère et aux pressions impérialistes.

  • Droit à l’enseignement primaire dans sa langue maternelle ! Mêmes droits sociaux pour la population de Nouvelle-Calédonie qu’en « métropole » ! Restitution des terres aux Kanaks !
  • Droit à l’autodétermination sans condition des Mélanésiens de Nouvelle-Calédonie ! Libre association avec les pays voisins !
  • Gouvernement ouvrier et paysan en Nouvelle-Calédonie/Kanaky ! Fédération socialiste de l’Océanie !

7 novembre 2020