Mélenchon soutient la fermeture des frontières françaises aux pauvres

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Le gouvernement Hollande-Valls-Cazeneuve annonce que les migrants parqués à Calais devront monter dans les cars de police avec ou sans la matraque, que leurs maigres effets seront écrasés comme des déchets, qu’ils seront enfermés dans des camps de rétention, que ceux qui pourront fuir subiront une misère encore plus grande loin des solidarités qu’ils avaient développées.

Mélenchon l’insoumis ne crie pas « Bas les pattes ! Protection et assistance pour tous les migrants ! Que les syndicats et les partis qui disent parler au nom des travailleurs l’organisent ! » Non, Mélenchon le tricolore est ulcéré parce qu’il estime que Hollande s’est fait avoir par l’ennemi séculaire, la perfide Albion :

L’Anglais devait bien rigoler quand a été signé l’accord du Touquet, il se disait « on a trouvé un garde-barrière et il est français. » Faire ça à Calais ! dans cet endroit où, sans remonter aux Gaulois, mais un peu plus tard, Henri IV a repris la ville aux Anglais. (Boulogne sur Mer, 27 septembre 2016)

La différence avec Sarkozy se cherche à la loupe :

Régler le problème de la jungle avant la fin de l’été 2017, en renégociant les accords du Touquet pour obliger les Britanniques à traiter les demandes d’asile qui concernent leur pays dans un centre créé par eux. (Calais, 21 septembre 2016)

Le 27 août, des jeunes nervis britanniques ont assassiné à Harlow, près de Londres, un ouvrier de 40 ans, parce qu’il était polonais. Au Parlement européen, le chauvin Mélenchon a lui aussi porté son coup en traitant l’ouvrier étranger de voleur.

L’Europe qui a été construite est une Europe de la violence sociale comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché qui vole son pain au travailleur qui se trouve sur place. (Le Monde, 13 juillet 2016)

Il n’avait rien inventé et passait après le FN.

Marine Le Pen accuse le système des travailleurs détachés de menacer le marché du travail français en favorisant le «dumping social», notamment au profit de travailleurs moins rémunérés venus de Pologne, de Roumanie ou encore de Bulgarie. (Le Figaro, 30 avril 2014)

Sur France 2, dans l’émission « Des paroles et des actes », le 26 mai 2016, Mélenchon le chantre des intérêts du capitalisme français se prononce pour les quotas sans en assumer le terme.

Quand on est en pleine expansion, ça vaut la peine, ça aide, maintenant on n’est pas en pleine expansion, donc aujourd’hui on ne pourrait pas dire (que l’immigration) est une chance… D’où vous sortez cette idée que nous sommes pour dire à la Terre entière, « venez chez nous » ?

Ses amis disent qu’il a été piégé par les journalistes ; ne les croyez pas, il a remis ça le 24 août.

Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais est-ce que s’il venait 10 000 médecins s’installer en France, ce serait une chance ? Oui. (Le Monde)

Voilà qui ressemble parfaitement à « l’immigration choisie » de tous les candidats LR, comme Juppé par exemple :

Il faut faire voter chaque année par le Parlement un plafond d’immigration, une répartition par type d’immigration (% étudiant, % travail et % regroupement familial) et la mise en place d’un système par point qui permette de déterminer le profil des étrangers dont nos universités ou notre économie ont besoin. (Le Figaro, 13 octobre 2016)

Bien sûr, « l’humain d’abord » oblige, Mélenchon parle des guerres, de la misère qui poussent des millions à fuir. Mais pas pour conclure qu’il faut ouvrir tout de suite les frontières, partout, pour tous.

Ce n’est pas d’empêcher les gens d’arriver, la solution, c’est de les empêcher de partir. (Des paroles et des actes, 26 mai 2016)

Et même quand il se souvient des centaines de milliers de prolétaires maintenus dans la clandestinité par les lois de la république bleu blanc rouge, le candidat gendarme ne peut s’empêcher de leur faire les gros yeux.

Jean-Luc Mélenchon s’est dit favorable à la « régularisation des travailleurs sans papiers mais pas pour le déménagement permanent du monde, ni pour les marchandises ni pour les êtres humains ». (Le Figaro, 9 septembre 2016)

Contre les nationalistes, les chauvins, les xénophobes et les racistes de toutes nuances, exigeons l’ouverture des frontières, à commencer par celles de la France, l’accueil de tous les immigrés, de tous les réfugiés, la solidarité prolétarienne pour les héberger et les défendre !

18 octobre 2016