Pogroms en Corse : le fascisme en action

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Vendredi 25 et samedi 26 décembre 2015, prenant prétexte de l’agression de deux pompiers et d’un policier par des voyous et des délinquants, plusieurs centaines de personnes ont manifesté avec des drapeaux corses aux cris de « on est chez nous » et « Arabi fora » (« les Arabes dehors ») dans les rues d’Ajaccio, organisant une opération punitive pour s’en prendre à la population essentiellement d’origine maghrébine dans le quartier des Jardins de l’Empereur, vandalisant une salle de prière de culte musulman, un restaurant kebab, des voitures, des portes d’entrée d’immeubles et des boîtes aux lettres, tout en lançant des injures racistes aux habitants.

L’assimilation par les fascistes de la population arabe aux voyous, délinquants et trafiquants qui pourrissent les quartiers pauvres et dont elle est la première victime, se double d’un amalgame avec les terroristes islamistes. C’est en effet en clamant qu’ « on va leur faire leur Bataclan » que ces apprentis nazis, armés pour certains de barres de fer, ont entrepris de terroriser les habitants du quartier populaire. L’histoire prouve que les nervis fascistes s’en prendront ensuite aux grèves et au mouvement ouvrier.

La désignation des musulmans et des Arabes comme les responsables de tous les maux dont souffre la population connaît chaque jour de nouveaux développements dans une surenchère entre le Front national et les Républicains. Au lieu de désigner le capitalisme, c’est l’étranger ou supposé tel qui serait responsable du manque de travail, du manque de logement, des salaires trop bas, de la précarité, de la délinquance, etc. C’est la même ficelle qu’utilisait en son temps le parti national-socialiste de Hitler pour faire des Juifs les responsables de l’épouvantable crise économique où le capitalisme avait plongé l’Allemagne. Ce racisme et cette xénophobie s’appuient sur les 6,8 millions de voix obtenues par le FN aux dernières élections régionales. Mais ils s’appuient tout autant sur l’union nationale pour l’état d’urgence, sur la politique de Hollande et du gouvernement Valls-Cazeneuve qui ne cesse de stigmatiser et de repousser les réfugiés. Ils s’appuient sur la persécution des Roms, le refus d’accorder le droit de vote aux étrangers résidant en France. Ils s’appuient sur la mesure scélérate de déchéance de nationalité qui installe pour les binationaux une justice différente des autres, telle qu’elle était réclamée par Le Pen et prévue par Hollande dans la constitution. Ils s’appuient sur le nationalisme exacerbé qui sert désormais de fil conducteur du FN au PCF.

Un pas supplémentaire vient d’être franchi avec cette tentative faite au grand jour et sous les applaudissements de certains spectateurs de « casser de l’arabe ». D’autres suivront certainement si l’ensemble de forces du mouvement ouvrier, partis et syndicats, ne réagissent pas d’urgence pour interdire aux fascistes de  prendre la rue.

Des manifestations unitaires de défense doivent impérativement se réunir et rassembler les travailleurs et jeunes, français, étrangers ou d’origine étrangère, à commencer par Ajaccio, sur les mots d’ordre : Mêmes droits pour tous ! Les fascistes dehors ! À bas l’état d’urgence et les mesures discriminatoires ! Libre circulation et libre installation pour tous les réfugiés !