Le gouvernement Hollande-Valls-Touraine veut saigner la santé et les hôpitaux publics

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Le « pacte de responsabilité », les milliards accordés aux patrons, le maintien de la loi HPST adoptée sous Sarkozy conduisent à la fermeture d’hôpitaux et de services de soin, à la réduction des postes, à la remise en cause des droits statutaires des agents (travail en 12 h imposé, rappel sur les jours de repos, suppressions de RTT, remise en cause de l’avancement), au développement de la précarité (16 % des emplois).

« Je veux réduire la dépense publique… Cela vaut pour l’État, qui doit se concentrer sur ses missions essentielles… et pour la sécurité sociale. » (Hollande, Voeux aux Français, 31 décembre 2013) ; « Le président de la République a parlé d’abus de la protection sociale… Là, j’ai applaudi. » (Pierre Gattaz, Le Monde, 6 janvier 2014)

Donc sous les applaudissements de Gattaz, Hollande continue à financer les interventions militaires (« les missions essentielles ») et à couper dans le budget de la santé, voilà ce qui est « abusif ». Pour les capitalistes et leurs valets, ce que l’humanité enregistre comme progrès (découvertes en imagerie médicale, en techniques opératoires, dans le domaine des médicaments, allongement de la vie, etc.), ils le versent à la colonne de la diminution de leurs profits. Les dépenses utiles à la population sont pour eux toujours trop lourdes : ils exigent qu’elles ne progressent pas de plus de 2 % par an en moyenne, pour économiser 10 milliards d’euros d’ici 2017. C’est poursuivre l’étranglement des hôpitaux déjà endettés, renforcer les cliniques privées qui font de l’argent avec notre santé.

Alors que les personnels de dizaines d’hôpitaux et structures de soins sont mobilisés contre les conséquences de l’austérité budgétaire, les représentants syndicaux continuent à siéger dans les conseils d’administration et toutes les structures qui mettent en œuvre ces mesures ; ils bavardent sur « la construction d’une mobilisation citoyenne pour la justice sociale » (SUD, Déclaration, 5 mai 2014), « un cadre commun de valeurs, autour des droits de l’homme » (CFDT). Ils poursuivent leur collaboration avec le gouvernement largement désavoué par les travailleurs en se prêtant aux « concertations » de mise en place de ses plans.

« Le leader CGT Lepaon plaide pour « des discussions globales autour de la même table entre gouvernement, syndicats et patronat plutôt que des entretiens bilatéraux».  « Notre inquiétude demeure sur le pacte de responsabilité et les mesures d’économies », a renchéri Jean-Claude Mailly de FO. »(Le Nouvel observateur, 11 avril 2014)

Au CHS de Caen, contre les suppressions de 20 emplois, la fermeture du labo, de la blanchisserie, etc., les travailleurs se sont mis en grève et ont eu affaire à la police (autre « mission essentielle » de l’État bourgeois). Loin de désigner le gouvernement pour responsable, d’appeler à la lutte unie pour l’affronter et le vaincre, les dirigeants de la CGT Santé essaient de renvoyer les travailleurs de l’hôpital de Caen dans les bras de Hollande et Touraine, sans doute pour une apaisante nouvelle concertation :

« La Fédération CGT Santé-action sociale exige l’intervention du gouvernement et de la ministre de la santé pour sortir de cette spirale conflictuelle qui n’a que trop duré. » (Déclaration fédérale CGT santé-action sociale, 6 mai 2014)

Au contraire, comprenant parfaitement qui est l’ennemi et la nécessité de ne pas rester isolés site par site, les hospitaliers mobilisés à Caen ont lancé un appel national :

« Aujourd’hui, l’heure n’est plus seulement à la contestation hôpital par hôpital, ni au repli dans sa boite, mais bien de donner une réponse nationale à un problème national. C’est pourquoi l’intersyndicale CGT – SUD, avec les personnels mobilisés de l’Établissement public de santé mentale de Caen se proposent de réunir en assemblée générale tous les représentants des hôpitaux qu’ils soient ou non en lutte, syndiqués ou non, ou de toutes appartenances syndicales. »

Des délégués représentant plus de 40 établissements se sont réunis, le 4 avril, et convoquent une nouvelle assemblée le 22 mai à Paris.

Pour qu’elle se constitue en cadre national de combat, il faut qu’elle appelle clairement à organiser la grève générale des agents hospitaliers pour battre le gouvernement : Constitution de comité dans chaque hôpital pour la préparer, élection des délégués ! Assez de grèves reconductibles séparées, éclatées site par site : grève totale et nationale jusqu’au retrait du plan Hollande – Touraine d’asphyxie de la santé publique ! Que les fédérations syndicales de la Santé y appellent nationalement ! Boycott de toutes les structures de participation à l’élaboration et la mise en place des attaques contre les personnels et les usagers du service public de santé ! Que le gouvernement se trouve seul face à la mobilisation unie des personnels avec leurs syndicats !

C’est la voie pour gagner, pour l’abrogation du pacte de responsabilité, de la loi HPST, le maintien de tous les hôpitaux publics, la réouverture des lits, des services et des établissements publics fermés, le recrutement des personnels nécessaires à leur fonctionnement, la défense des statuts de la fonction publique, la titularisation des précaires, l’augmentation des salaires !

C’est la voie pour imposer les solutions ouvrières au financement du droit aux soins de qualité pour tous : nationalisation sans indemnité des groupes capitalistes des soins, des médicaments et vaccins, des assurances, augmentation des cotisations des employeurs, suppression de la CSG sur les salaires et les pensions, gratuité de tous les soins.

18 mai 2014