Premier tour des élections municipales

Twitter Facebook

Les travailleurs désorientés par leurs organisations traditionnelles

Les résultats du premier tour des élections municipales du 23 mars signifient avant tout un profond rejet par la classe ouvrière et la jeunesse de la politique réactionnaire et entièrement dévouée aux intérêts des capitalistes que mènent le président PS Hollande et le gouvernement PS-EELV-PRG : ces partis sont passés de 44,6 % à 36,4 % des voix entre 2008 et 2014. C’est volontairement que des millions de travailleurs et jeunes ont refusé d’apporter leur voix aux candidats du Parti socialiste, avec une abstention massive, qui dépasse souvent 50 % dans les villes et quartiers ouvriers.

Dans ces conditions, les partis UMP UDI emportent dès le premier tour 250 villes sur un total de 391 qui ont élu au premier tour leur maire et renforcent leurs positions partout. Le Front national, qui recueille un peu moins de 15 % des voix dans les villes de plus de 10 000 habitants où il présentait des candidats, arrive en tête dans 17 d’entre elles, peut se maintenir au deuxième tour dans 229, et gagne la mairie de Hénin-Beaumont dès le premier tour. La percée du FN marque la progression des campagnes chauvines, des persécutions contre les travailleurs immigrés, du « produisons français » et du patriotisme économique qui sont avancées de tous côtés comme la solution à la crise, pour une partie de la bourgeoisie, une partie croissante des petits capitalistes, de la petite bourgeoisie salariée et indépendante ainsi que dans une partie de la classe ouvrière déboussolée.

C’est en toute connaissance de cause que Hollande a constitué un gouvernement bourgeois et a mené une politique bourgeoise : acceptation des licenciements, interventions impérialistes au Mali et en Centrafrique, poursuite du démantèlement de la protection sociale, baisse des impôts et cotisations sociales des capitalistes, destruction des bidonvilles des Roms accusés par Valls d’être inassimilables.

C’est en toute connaissance de cause qu’il la poursuivra vaille que vaille après ces élections, quels qu’en soient les résultats, avec ce gouvernement ou un autre, sans dévier d’un pouce de cette ligne réactionnaire, tant les intérêts supérieurs du capitalisme français priment sur toutes autres considérations, même électoralistes.

C’est en toute connaissance de cause que le Parti socialiste soutient la politique anti-ouvrière de Hollande, qu’il a constitué des listes avec des partis bourgeois, qu’il appelle aujourd’hui à voter UMP ou UDI dans de nombreuses communes.

Comme c’est en toute connaissance de cause que le Parti communiste français et le Parti de gauche veulent faire croire qu’on peut sortir de la crise par le protectionnisme, l’accentuation du déficit de l’État, le retour à une meilleure répartition des richesses et autres fadaises alors que le capitalisme en crise saigne les travailleurs chaque jour un peu plus. C’est en toute connaissance de cause que le PCF est entré dans des listes avec les partis au pouvoir. C’est en toute connaissance de cause que le PdG a refusé toute liste avec le PS (qui ne fait pas autre chose aujourd’hui que ce qu’a fait le gouvernement Jospin avec les ministres PCF et Mélenchon), tout en se présentant parfois avec EELV qui est tout autant au gouvernement et n’a rien à voir avec la classe ouvrière.

C’est en toute connaissance de cause que toutes les directions syndicales se prêtent chaque jour au « dialogue social », c’est-à-dire acceptent de négocier les exigences des patrons et du gouvernement à son service, depuis la flexibilité du temps de travail et des salaires (« loi sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi ») jusqu’aux baisses de cotisations patronales à la sécurité sociale (« pacte de responsabilité ») en passant les attaques contre les retraites et de nouvelles restrictions des droits des chômeurs. C’est en toute connaissance de cause que las directions syndicales appellent en même temps à des « journées d’action » impuissantes, avec l’appui du PCF, du PdG, du NPA et de LO.

Non au « front républicain » avec Sarkozy et Copé, pour la rupture des organisations d’origine ouvrière avec les capitalistes

Des millions de travailleurs et jeunes ont boycotté les élections comme ils désertent les journées d’action bidon. Ils cherchent comment se défendre efficacement contre les attaques incessantes du capital et de l’État bourgeois, comment se rassembler contre la réaction, quel gouvernement mènera enfin une politique conforme aux intérêts de l’immense majorité de la population.

Ces travailleurs n’avaient malheureusement pas de candidats d’un parti révolutionnaire pour soutenir le programme du communisme internationaliste. Le NPA a présenté ses candidats sur de nombreuses listes avec le PCF, le PdG, et aussi avec des partis bourgeois (EELV, etc.) ou des nationalistes régionaux. Lutte ouvrière, qui avait pactisé la fois précédente avec le PCF, le PdG et des partis bourgeois (MRC, le PRG, etc.), a présenté des listes autonomes pour « faire entendre le camp des travailleurs », sans ouvrir non plus la moindre perspective. Comme le PS, le PCF et le PdG, LO réclame le renforcement de l’appareil policier de la classe dominante.

Pour empêcher les trahisons des partis sociaux-patriotes (PS, PCF, PdG) et des chefs syndicaux, il faut que l’avant-garde se regroupe et forge un vrai parti ouvrier, donc révolutionnaire et international, un parti pour mettre au cœur du combat de toute la classe ouvrière l’objectif d’en finir avec le capitalisme, de chasser le gouvernement de la bourgeoisie, de constituer le gouvernement des conseils ouvriers.