Intervention au congrès du Snuipp-FSU 92, 22 mai

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Camarades,

Notre congrès se tient un an après l’élection de Hollande à la présidence de la 5e République. Depuis un an, son gouvernement a attaqué les acquis des travailleurs et les travailleuses, les conquêtes arrachées par la lutte de classes. Le gouvernement Hollande-Ayrault a, par contre, aidé les capitalistes et fait payer la crise du mode de production capitaliste aux salariés.

Très rapidement, le gouvernement Hollande-Ayrault a dévoilé sa politique du « changement maintenant » en changeant les règles du « marché du travail » avec le « pacte social » puis les « accords-compétitivité » concrétisés par l’Accord national interprofessionnel. Cet accord, négocié par toutes les confédérations syndicales, est devenue une loi. Elle facilite les licenciements, permet la baisse des salaires, de moduler le temps de travail, de limiter les recours aux prud’hommes, de généraliser des emplois partiels.

Comme Sarkozy, ce gouvernement a poursuivi la chasse aux Roms et les expulsions de sans-papiers, l’aide aux patronat par les crédits d’impôts, le soutien aux plans de licenciements notamment chez Peugeot ou ArcelorMittal. Comme son prédécesseur, Hollande a utilisé l’armée impérialiste pour occuper d’autres pays. Depuis janvier dernier, l’armée française occupe le Mali pour y protéger les intérêts des capitalistes et rétablir  l’ordre de la Françafrique en installant un pouvoir à son compte à Bamako.

Cette politique contre les travailleurs en France et au Mali a été rendue possible par la collaboration entre les classes sociales. Alors que les intérêts des travailleurs sont antagoniques à ceux du Medef, le gouvernement a aidé le capital financier et ses revendications en associant à leur mise en place les directions syndicales ouvrières. Dès le 9 juillet 2012, une conférence « sociale » permettait de préparer les lois contre le droit du travail (emplois d’avenir, contrat de génération, accords-compétitivité). La même méthode fut suivie pour prétendument « refonder » l’école.

L’exemple de l’adoption de la loi Peillon est caractéristique de la politique du gouvernement Hollande. Dès le début, Ayrault et Peillon ont invité les dirigeants syndicaux à se concerter avec des « spécialistes » et des associations de parents. Malheureusement, les directions FSU, Sgen-CFDT, Sud-éducation, Unsa-Education… ont accepté.

Elle permet l’embauche de précaires « emplois-avenir professeurs », les ESPE maintiennent l’embauche en masters. Elle prévoit de « faire évoluer la durée de l’année scolaire ». Elle permet de casser notre statut du 1er degré par la création de « conseil école-collège » instaurant des « enseignements communs ». L’accueil des moins de 3 ans peut avoir lieu dans des « classes à plusieurs niveaux », dans un « milieu mixte », école et service municipal petite enfance, qui disloque le cadre national de l’enseignement public. Le dispositif « Plus de maitres que de classes » recrutera des enseignants sur entretien et profil, comme dans le privé et comme dans les zones ECLAIR qui détruisent les ZEP. Ce dispositif avalise la destruction des Rased.

Enfin, dans le primaire, la loi organise l’augmentation des jours de travail sans augmentation de salaire avec une semaine de 4 jours et demi, soit 36 demi-journées en plus. Les enfants iront à l’école 5 jours puisque le mercredi sera travaillé par les parents. Et surtout, l’inégalité entre communes se fera encore plus sentir puisque les mairies et les « territoires » organiseront les APC, remplaçantes des aides personnalisées. Cette tutelle des maires sur les enseignants constitue une brèche dans nos statuts.

Contre ce projet de loi, les enseignants parisiens ont engagé le combat. Mais les directions syndicales, parisiennes comme nationales, ne l’ont pas généralisé alors que le retrait du décret sur les rythmes scolaires et le retrait du projet de loi étaient des mots d’ordre justes. Ces mots d’ordre défendaient notre statut. Au lieu de cela, toutes les directions syndicales ont négocié avec le gouvernement l’application de la loi. Les dirigeants du Snuipp-FSU ont été en pointe dans cette collaboration, ce qui s’opposait à la défense des intérêts des enseignants. Il est nécessaire pour notre syndicat de rompre avec le gouvernement et le ministère de l’éducation, d’exiger l’abrogation de la loi Peillon, de demander aux autres syndicats enseignants de se prononcer dans ce sens.

Aujourd’hui, le gouvernement Hollande est plus que jamais à l’offensive pour aider les capitalistes. Usant de la méthode de l’association des syndicats de travailleurs aux mesures de soutien au patronat, il organise les 20 et 21 juin, une deuxième conférence sociale. Au programme : réforme des indemnisations des chômeurs, réforme de la formation professionnelle et surtout une nouvelle attaque contre nos retraites. Il veut réduire le salaire différé que nous touchons par cotisations patronales versées dans les caisses de retraite ou le budget de l’État. Pour le compte des capitalistes, il veut augmenter l’exploitation en réduisant cette part de nos salaires.

Pour mieux empêcher la riposte, Ayrault a reçu une première fois les 8 confédérations syndicales dont la FSU, le 15 mai. Aujourd’hui même, Ayrault les reçoit une seconde fois pour leur donner l’ordre du jour de la conférence. Une telle soumission aux décisions gouvernementales est inacceptable. Hollande l’a déjà annoncé la semaine dernière, comme Balladur et Juppé (1993), Chirac et Fillon(2003), Sarkozy et Woerth (2007 et 2010) avant lui :

Dès lors qu’on vit plus longtemps, on devra travailleur aussi un peu plus longtemps.

Il argue d’un déficit de 20 milliards en 2020 pour la branche retraites de la Sécu alors que tout travailleur conscient sait que les exonérations de charges patronales sont la cause du « trou ». Et ce déficit « patronal » est dérisoire en comparaison aux aides fournies aux banques et aux patrons de l’automobile en crise ou devant les dettes de l’Etats (plus de 1 300 milliards d’euros).

Comme ses prédécesseurs, Hollande peut s’appuyer sur le « diagnostic partagé » du Conseil d’orientation des retraites. Il est « partagé » car les représentants des syndicats (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, UNSA, FSU) siègent au COR aux côtés du patronat et des « experts » de la bourgeoisie (tous ces gens auront de bonnes retraites, eux). Sur cette base, Hollande envisage  de faire cotiser plus longtemps tous les travailleurs (41,5 annuités aujourd’hui) et de désindexer les pensions de l’inflation comme les régimes complémentaires l’ont fait en mars dernier (ce qui entraine une perte de pouvoir d’achat).

Contre un tel projet de loi prévu à l’automne, le premier remède est de quitter le COR, d’autant que depuis sa fondation par le gouvernement Jospin il a toujours servi les réformes contre les travailleurs.

La deuxième chose à faire est d’organiser la lutte pour battre le gouvernement. Comment faire ? D’abord en quittant le COR et en cessant de discuter avec Hollande et Ayralut dans leur conférence « patronale » car il ne peut en sortir que des attaques contre nos retraites.

En rompant avec le gouvernement, en l’affrontant, il est possible de battre Sarkozy d’arracher le retour aux 37,5 annuités pour tous, pour le retour du départ à 60 ans, pour le calcul sur les 6 derniers mois de salaires pour tous.

 Motion pour la défense des retraites

Le congrès du Snuipp-FSU des Hauts-de-Seine, tenu le 22 mai 2013 à Clichy, se prononce contre toute collaboration syndicale avec le gouvernement et le patronat. Pour cela, le congrès demande à la FSU et à l’ensemble des confédérations syndicales de quitter le Conseil d’orientation des retraites, de ne pas participer à la conférence sociales des 20 et 21 juin, de rompre avec lui et de former un front uni pour faire échouer l’attaque contre les retraites.

Le congrès Snuipp-FSU des Hauts-de-Seine appelle donc la direction nationale du Snuipp ainsi qu’à toutes les directions des confédérations syndicales d’organiser la riposte, d’appeler à la grève générale pour bloquer le projet de loi contre les retraites sur les mots d’ordre suivants :

Retour au départ à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles) !
Indexation des pensions sur les salaires !
Retour aux 37,5 annuités pour tous et prise en compte des périodes de chômage et de stage !
Calcul pour tous sur les 6 meilleurs mois !

Rejetée par 1 pour, 32 NPPV (dont LO, NPA),
1 abstention (GCPOR), 24 contre

Motion pour le retrait des troupes
françaises du Mali

Le congrès du Snuipp-FSU des Hauts-de-Seine, réuni le 22 mai 2013 à Clichy, s’adresse à la direction nationale du Snuipp-FSU, à la FSU et à l’ensemble des confédérations pour qu’elles se prononcent pour le retrait immédiat des troupes françaises du Mali et qu’elles organisent la mobilisation pour l’obtention de ce retrait.

Rejetée par 4 pour (GCPOR, GMI, LO, NPA), 9 abstentions, 15 contre