Le prolétariat russe peut arrêter la guerre impérialiste en Ukraine !

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L’impérialisme russe empêtré dans la guerre

En décidant d’envahir l’Ukraine le 24 février 2022, Poutine s’est trompé deux fois. Il s’est trompé sur les capacités de son armée et il s’est trompé symétriquement sur les capacités de résistance de l’Ukraine. Déjà, l’échec initial de l’invasion de l’Ukraine visant à prendre Kiev en quelques jours, le mauvais accueil reçu par les troupes alors que Poutine avait expliqué qu’elles allaient jeter à bas un régime fasciste, la conduite chaotique des opérations militaires avec des pertes en hommes et en matériels nombreuses marquaient la faiblesse de l’impérialisme russe, malgré toutes les bénédictions du patriarche Cyrille.

En mobilisant le sentiment national, en recevant l’aide des services de renseignement occidentaux, de l’entrainement de troupes et du matériel militaire des États membres de l’OTAN, l’Ukraine est même parvenue à repousser l’armée russe au nord, à l’est et partiellement au sud, celle-ci occupant encore environ 20 % du territoire ukrainien. Depuis, c’est l’enlisement du front sans percée stratégique significative de part et d’autre, malgré des dizaines de milliers de morts.

Comme en 2014, lors de l’annexion de la Crimée et du dépeçage du Donbass, Poutine a recouru à plusieurs milices indépendantes de l’armée régulière russe, dont des bataillons islamistes de Ramzan Kadyrov à qui Poutine a délégué la gestion de la Tchétchénie, et les armées privées Patriot, Redut et Wagner.

Comme les compagnies Academi (ex-Blackwater), KBR, MVM, Vinnell, Custer Battles… des États-Unis, le groupe Wagner est une entreprise capitaliste intimement liée aux sommets de l’apparait d’État. Elle est aux mains de l’oligarque Prigogine, commandée par le néonazi Outkine, composée de mercenaires plus ou moins expérimentés et de repris de justice. La milice Wagner était déjà intervenue au compte de l’État russe durant la guerre du Donbass en 2018, la guerre civile syrienne en 2015, la guerre civile libyenne en 2020, des affrontements en Centrafrique en 2020 impliquant aussi le Rwanda…

Mais l’engagement de cette milice en Ukraine se déroule sous le commandement autonome de Prigogine, concurremment avec l’armée régulière, ce qui est une preuve supplémentaire de la fragilité du dispositif de l’impérialisme russe. La résistance de l’Ukraine à l’agression impérialiste russe est pour le moment le moteur principal de l’accroissement des difficultés politiques du pouvoir russe. En effet, le prolétariat russe dans sa grande majorité est resté spectateur, sans manifester un soutien spontané à la guerre déclenchée par Poutine ni pouvoir montrer une forte opposition organisée. Le pouvoir est parvenu à juguler les manifestations répétées et courageuses de plusieurs milliers d’opposants dans les grandes villes en multipliant les matraquages et les arrestations (2 000 d’après Novaïa Gazeta), les amendes et les peines de prison infligées par une justice aux ordres.

Cependant il n’a pas eu les moyens politiques d’empêcher la fuite hors des frontières de centaines de milliers de réfractaires à l’enrôlement à la suite de la mobilisation partielle décidée en septembre 2022.


Il n’y avait guère que le SWP de Grande-Bretagne pour croire que l’URSS était capitaliste du temps de Staline. Aujourd’hui, il y a encore des organisations « marxistes » qui jugent que la Russie n’est pas devenue capitaliste : LO, le PTS et le PO d’Argentine, etc.

Toute la bourgeoisie russe est issue du même moule : la dislocation de l’Union soviétique en 1991, dont les travailleurs ne contrôlaient pas l’économie restée collectivisée, et la restauration du capitalisme en 1992 (« thérapie de choc »). Après l’échec de Gorbatchev de moderniser l’économie en introduisant plus de marché, Eltsine a abandonné le plan, transformé la force de travail en marchandise, laissé les anciens bureaucrates staliniens les mieux placé, les affairistes et les gangsters accaparer les dépouilles des propriétés d’État de l’État ouvrier dégénéré. D’où la marchandisation de l’économie, la réapparition du chômage, un bond des inégalités de revenus et de patrimoines.

Les oligarques qui étaient disposés à vendre à l’encan ce qui était monnayable aux capitalistes étrangers se sont vus écartés ou liquidés à partir de 1999 par Poutine. L’ancien des services secrets (FSB) mis en selle par Eltsine a consolidé des firmes industrielles et bancaires d’envergure mondiale et rétabli un État bourgeois structuré sur un territoire rétréci en réactivant le nationalisme russe et la religion chrétienne.. La Russie a pris un caractère au moins aussi impérialiste qu’en 1914 (Lénine caractérisait clairement l’empire russe comme une puissance impérialiste malgré ses traits arriérés), en maintenant des minorités nationales par la force, en tentant de desserrer l’encerclement militaire opéré par les États-Unis à ses frontières, en intervenant en Asie et en Afrique pour garantir sa place face à ses rivaux (États-Unis, Chine, Allemagne, Japon, France, Grande-Bretagne…).

Il n’y a donc aucune différence de nature entre un Poutine, un Prigogine ou par exemple un Sechine, le dirigeant du groupe pétrolier Rosneft qui fut pendant un temps vice-premier ministre de Poutine. Tous se connaissent, font des affaires ensemble et les ramifications commerciales et politiques s’entrelacent étroitement.

Les divisions dans la bourgeoisie russe

Mais devant les difficultés sur le terrain militaire, les sanctions décidées par les États-Unis et leurs alliés, avec leurs conséquences politiques et économiques, dont une dépendance accrue envers la Chine voisine, la bourgeoisie nationale se divise sur la conduite à tenir.

S’il existe inévitablement une fraction importante de la bourgeoisie russe qui veut mettre fin le plus vite possible à cette funeste aventure en Ukraine qui entraine des pertes de revenus substantielles, elle n’a pas la force pour apparaitre publiquement jusqu’à présent dans le cadre d’un régime semi-dictatorial. L’incarcération de Navalny sert d’exemple.

Les deux fractions qui s’affrontent donc publiquement aujourd’hui sont toutes les deux pour la continuation de la guerre impérialiste. Mais elles s’opposent sur les moyens à mettre en œuvre et, partant de là, sur la forme du régime qui doit les conduire.

Celle qui est rangée derrière Poutine est pour la continuation de la guerre, mais sans pousser la politique extérieure et intérieure au-delà de ce qu’elle estime pouvoir contrôler. Internationalement, cette fraction sait très bien par exemple que l’emploi des armes nucléaires tactiques pour venir à bout de l’Ukraine, techniquement possible, entrainerait une aggravation considérable des sanctions économiques et de l’isolement de la Russie. Sur le plan intérieur, cette fraction craint qu’une militarisation totale de la société, une « mobilisation générale » ne se heurte à une résistance de la classe ouvrière, des minorités nationales, des femmes, de la jeunesse, telle qu’elle serait menacée et pourrait être renversée, car même si les travailleurs n’ont pas bougé collectivement pour le moment, ce serait une autre paire de manches si la majorité des jeunes hommes devait partir au front. Cette fraction majoritaire gouverne à vue, empiriquement.

L’autre fraction qui est apparue est partisane d’une accentuation de l’effort de guerre, de la militarisation, de la mobilisation, de la répression des opposants. Prigogine en est la pointe avancée, mais il dispose nécessairement de soutiens dans l’appareil d’État et dans la bourgeoisie, ne serait-ce qu’en raison de la place qu’il a acquise. C’est ouvertement la voie du fascisme que défend Prigogine, en mêlant des accents populistes contre les planqués, les généraux incapables, les profiteurs et les corrompus (dont il fait partie…) et la militarisation à outrance

Si les Russes ordinaires continuent de récupérer leurs enfants dans des cercueils de zinc alors que les enfants de l’élite se dorent le cul au soleil, la Russie pourrait être confrontée à une crise du type des révolutions de 1917 qui ont conduit à une guerre civile. La division pourrait finir comme en 1917 par une révolution. Nous sommes dans la situation où nous pouvons tout simplement perdre la Russie. (Prigogine, 24 mai)

Il préconise l’introduction de la loi martiale, une mobilisation générale, une économie de guerre. Ainsi, l’opposition entre les deux fractions prend une dimension politique et non plus seulement militaire.

La tentative de coup d’État de Prigogine

La lutte entre ces deux fractions a pris un tour exacerbé à partir des affrontements entre Russes à Bakhmout, avec la capture et la détention d’un haut gradé de l’armée russe par les troupes de Wagner, les accusations de Wagner contre l’armée russe qui aurait bombardé ses positions et aurait refusé de lui fournir les armes et les munitions, etc.

En accord avec Poutine, qui avait jusque-là protégé Prigogine, le commandement de l’armée russe s’est résolu à faire rentrer dans le rang toutes les milices, en particulier Wagner, et à faire taire toute critique sur sa conduite des opérations. D’abord, un terme a été mis au recrutement direct de Wagner dans les prisons, puis a été mis en place l’obligation de la signature d’un contrat d’engagement valant allégeance au commandement militaire russe. C’est ce qui a déclenché la réaction de Prigogine et sa tentative de coup d’État militaire, sans doute bien avant qu’il ne soit totalement préparé, car cela signifiait pour lui la disparition de ses forces à très brève échéance.

Le 23 juin, avec une facilité déconcertante, les mercenaires de Wagner se sont emparés de Rostov « sans tirer un coup de fusil », puis ont parcouru par colonne de milliers d’hommes et de matériels militaires près de 800 km par la route en direction de Moscou, jusqu’à environ 200 km de la capitale russe sans rencontrer une forte résistance, excepté l’engagement de quelques appareils de l’armée de l’air qui ont été abattus. Au contraire, au moins un régiment de l’armée régulière leur a fait allégeance tandis que d’autres ont refusé le combat. Prigogine a appelé la garde nationale et la population à « la libération », mais les scènes de fraternisation sont restées limitées.

C’est Poutine qui a déclenché la guerre civile. Au lieu d’envoyer un ou deux dégénérés à la retraite, [les généraux commandant l’armée russe, NDLR] il a donné l’ordre de neutraliser l’unité la plus apte au combat de toute la Russie. La vie d’un ou deux traitres a été placée au-dessus de celle de 25 000 héros. (Prigogine, 23 juin)

Devant la gravité de la situation, Poutine mobilise le FSB et tient un discours à la nation.

La Russie mène aujourd’hui la guerre la plus difficile pour son avenir, repoussant l’agression des néonazis et de leurs commanditaires. Toutes les machines militaires, économiques et informationnelles de l’Occident sont tournées contre nous. […] Nous nous battons pour la vie et la sécurité de notre peuple… Tout ce qui nous affaiblit doit être mis de côté. Nos ennemis extérieurs utilisent tous les arguments pour nous miner de l’intérieur. Ainsi, les actions qui divisent notre unité sont des actes de trahison à l’égard de notre peuple, de nos frères de combat qui se battent actuellement sur la ligne de front. C’est un coup de poignard dans le dos de notre pays et de notre peuple. C’est exactement ce qui s’est passé en 1917, lorsque le pays a participé à la première guerre mondiale, mais que la victoire lui a été volée. Les intrigues et les querelles menées dans le dos de l’armée se sont révélées être la plus grande catastrophe, la destruction de l’armée et de l’État, la perte d’immenses territoires, ce qui a conduit à une tragédie et à une guerre civile. Des Russes tuaient des Russes, des frères tuaient des frères. Mais les bénéficiaires ont été divers hommes politiques de fortune et des puissances étrangères qui ont divisé le pays et l’ont déchiré en plusieurs parties. Nous ne laisserons pas cela se produire. (Poutine, 24 juin au matin)

Ce à quoi Prigogine répond immédiatement sur Telegram : « Poutine a fait le mauvais choix. Le pire pour lui. Bientôt, nous aurons un nouveau président ».

Un accord in extrémis qui ne règle rien

Mais, comme le disaient déjà les Grecs, « il y a loin de la coupe aux lèvres ». Prigogine, malgré ses appels à la « population » ne voit aucun soutien politique ou militaire de poids se lever et prendre fait et cause pour sa tentative de putsch. Prudemment, les principaux responsables militaires et politiques se rangent au contraire derrière Poutine ou se taisent. Privé de relais et de soutiens décisifs, voici d’un côté Prigogine qui s’avance vers le vide.

De l’autre, Poutine n’est sûr de rien, et en particulier de la fidélité et de la vaillance des forces armées qu’il devra opposer aux mercenaires de Prigogine. Sa référence à 1917 montre qu’il se met du côté du tsar (ou de Kerenski), condamnant la révolution comme une trahison à la patrie. Mais cela ne peut le rassurer sur la solidité de son régime. S’il n’a pas les moyens d’écraser immédiatement les 25 000 hommes qui marchent sur Moscou, ce que leur avancée fulgurante laisse présager, tout est possible.

Les adversaires sont d’accord pour conjurer tout risque de révolution, même si, contrairement à 1917, il n’y a pas de parti ouvrier révolutionnaire en Russie.

Aussi, les deux forces opposées qui semblaient lancées inexorablement l’une contre l’autre, concluent étonnamment dans l’après-midi du 24 juin un accord, dont le contenu exact n’est pas public. Le chef des « traitres » fait faire demi-tour à ses hommes. Tous bénéficient d’une amnistie et ne seront pas poursuivis. Le président biélorusse Loukachenko, apparu comme le lapin du chapeau, hébergera Prigogine et les mercenaires qui voudront le suivre. Les autres sont invités, soit à rentrer chez eux, soit à signer un contrat d’engagement dans l’armée russe.

Dès le lendemain, les missions de Wagner en Afrique consistant pour l’essentiel, dans pas moins de 12 pays, à protéger les dictateurs et chefs d’État corrompus contre rémunérations et aussi à bénéficier de droits d’exploitation et de pillage des ressources au compte du capitalisme russe, sont confirmées par Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Poutine.

De nouvelles frappes de missiles et de drones s’abattent sur l’Ukraine, comme s’il ne s’était rien passé.

Pour jeter les bases d’un parti ouvrier révolutionnaire en Russie

Pourtant, ce coup d’État, même avorté, est le signe d’un profond affaiblissement du régime russe, empêtré dans une guerre impérialiste qu’il a voulue et dont il ne peut sortir par les armes en vainqueur, ni en se retirant d’Ukraine en vaincu. La pusillanimité de Poutine envers le « traitre » Prigogine, même s’il est empoisonné ou victime d’un accident de la circulation un peu plus tard, témoigne de cette faiblesse. Il augure d’autres déchirements possibles entre les fractions de la bourgeoisie russe que Poutine aura de moins en moins les moyens de maintenir sous le boisseau. Mais il peut préfigurer aussi l’irruption du prolétariat russe sur son terrain de classe.

Pour cela, ce qui manque avant tout au prolétariat russe, c’est un programme de classe, une organisation politique de classe. La moindre revendication économique d’envergure nationale, la moindre revendication démocratique se heurte immédiatement frontalement avec le régime capitaliste semi-dictatorial incarné aujourd’hui par Poutine. Cela signifie qu’elles sont immédiatement révolutionnaires, au sens où leur satisfaction implique de porter des coups mortels au régime, de mettre en avant son renversement. Donc cette organisation politique de classe ne peut être que révolutionnaire pour être cohérente et fidèle aux objectifs qu’elle avance.

Alors, il faut renouer avec la tradition du Parti bolchevik et commencer à rassembler les briques de ce programme pour permettre à la classe ouvrière russe de constituer son organisation révolutionnaire.

Au premier rang de ce programme doit figurer :

  • La classe ouvrière, l’immense majorité de la population russe a besoin de la paix, pas de la guerre impérialiste contre nos voisins ukrainiens.
  • Arrêt immédiat de la guerre coloniale que la bourgeoisie russe a déclenchée contre l’Ukraine !
  • Retrait des troupes russes, restitution des territoires conquis à l’Ukraine !
  • Soldats du front, tournez vos armes contre vos généraux, imposez l’arrêt immédiat des combats !
  • Rapatriement immédiat de tous les soldats du front dans leurs foyers !
  • Droits démocratiques pour les soldats du rang !

Le gouvernement ukrainien est un gouvernement capitaliste. Il est puissamment soutenu par les impérialistes nord-américains et ouest-européens opposés à l’impérialisme russe, regroupés dans et autour de l’OTAN. Mais le prolétariat russe n’a aucun intérêt à s’affronter avec le prolétariat ukrainien. Au contraire, si le prolétariat russe parvient, contre ses généraux, à imposer la paix, il pourra trouver les moyens de renouer avec le prolétariat ukrainien et lutter ensemble pour leur émancipation.

Le gouvernement de Poutine ne peut tolérer aucune opposition, il arrête, matraque, juge et emprisonne.

  • Libération immédiate de tous les prisonniers politiques !
  • Légalisation de l’association Mémorial !
  • Respect des libertés démocratiques et des minorités nationales !
  • Séparation de l’État et de l’Église orthodoxe !

Les fauteurs de la guerre impérialiste sont les capitalistes russes, leur gouvernement avec Poutine et toute sa clique qui accaparent les richesses produites par la classe ouvrière en Russie, qui volent et s’emparent des richesses produites en Afrique et qui ont jeté leur dévolu sur l’Ukraine dans le même but.

  • Ni Poutine, ni Prigogine !
  • À bas le gouvernement des capitalistes !
  • Formation de conseils de travailleurs, d’étudiants et de soldats !
  • Expropriation de tous les oligarques !
  • Pour un gouvernement des travailleurs en Russie, qui renoue avec la révolution d’octobre 1917, et en particulier avec l’internationalisme prolétarien !

Quant au mouvement ouvrier des autres pays impérialistes, il doit se souvenir que le principal ennemi est sa propre bourgeoisie et il doit encourager la lutte de classe de ses frères et ses sœurs de Russie en luttant pour :

  • L’abolition de l’OTAN,
  • Le retrait des troupes américaines d’Europe, la fermeture de toutes les bases militaires américaines, françaises, britanniques…, le retrait des flottes de guerre des eaux internationales, la fin des immixtions à l’étranger de leur propre État,
  • Le rétablissement en Ukraine des libertés démocratiques supprimées par Zelenski, le respect de la langue russe par l’État ukrainien, l’autodétermination de la population du Donbass,
  • Le renversement de tous les gouvernements bourgeois, les États-Unis socialistes d’Europe ouverts à la Russie et à l’Ukraine.

Collectif révolution permanente (Argentine, Autriche, Espagne, France, Turquie)