Tchétchénie : regain de persécution des homosexuels

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Une nouvelle vague d’arrestations d’hommes et de femmes liées à leur orientation sexuelle, réelle ou présumée, a commencé fin 2018 en Tchétchénie qui fait partie de l’État fédéral russe. Selon le Réseau russe LGBT une quarantaine de personnes ont été interpellées et deux d’entre elles auraient été tuées dans cette région du Caucase russe à majorité musulmane.

Nous savons qu’environ 40 personnes ont été interpellées, des hommes comme des femmes. Au moins deux d’entre eux sont morts sous la torture. Nous savons également que les interpellations ont été effectuées par la force publique et que les personnes sont détenues illégalement à Argoun. La police locale fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’elles ne puissent pas sortir de la République [tchétchène] ou demander la protection d’un tribunal. Leurs papiers d’identité leur ont été confisqués, on les menace de falsifier des affaires pénales contre elles, et on les force à signer des lettres en blanc. (Igor Kotchetkov, Novaïa Gazeta, 14 janvier 2019)

Ces persécutions suivent l’interpellation, le 29 décembre 2018, de l’administrateur d’un groupe sur le réseau social Vkontakte, à travers lequel des homosexuels résidant dans le Caucase du Nord communiquent.

La persécution des homosexuels n’est pas nouvelle [voir Révolution communiste n° 23]. Elle est attestée par un rapport d’une organisation interétatique européenne qui fait état de détentions arbitraires et de tortures pendant des semaines, pour arracher des aveux d’homosexualité et les noms d’autres personnes.

Des personnes sont régulièrement frappées avec des tubes en plastique, des bâtons ou des câbles ou soumis à des décharges électriques afin de les forcer à des aveux. Dans plusieurs cas, certaines personnes n’ont pas survécu ; d’autres ont été exécutées sans jugement, en particulier lorsque leurs familles refusaient de payer des sommes d’argent considérables. Des femmes, soupçonnées d’être lesbiennes, auraient été violées avant d’être victimes de « crimes d’honneur ». Pour les survivants, une procédure de rééducation aurait été mise en place, en coopération avec leurs familles, un « exorcisme islamique », sorte de « thérapie contre les démons » étant pratiqué dans un centre médical de Grozny. (OSCE, Situation des personnes LGBTI en Fédération de Russie, 20 décembre 2018)

Des témoignages accusent le porte-parole du Parlement, Magomed Daoudov, d’avoir personnellement pris part à des séances de torture, ce qui confirme que cette campagne a eu lieu avec le soutien de l’État.

Selon le Réseau russe LGBT, 135 homosexuels et personnes transgenres se sont enfuis de Tchétchénie. Cent vingt ont été accueillis en Europe ou au Canada. Une seule personne a osé déposer une plainte auprès du système judiciaire russe, sans succès.

Ouverture des frontières aux réfugiés ! Interdiction de la torture ! Séparation de l’État de toute religion ! Liberté d’orientation sexuelle pour tous, dans toute la Russie et partout ailleurs !

5 février 2019