Reims Exil Solidarité : l’État et la mairie laissent mourir une vieille dame en détresse

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Communiqué de Presse

L’État et la mairie laissent mourir une vieille dame en détresse

Gjmle, 80 ans, rom, avait fui la Serbie et avait formulé une demande d’asile en France. Elle logeait avec sa famille dans un camp de fortune à Reims, rue Henri Paris, depuis le 27 novembre, dans des conditions inhumaines. Elle est décédée ce matin à 6h. Nous étions nombreux ce soir à lui rendre hommage devant la sous-préfecture de Reims.

Elle était malade, diagnostiquée d’une bronchite et d’une asthénie par l’hôpital, mais ce n’est pas pour cette raison qu’elle est décédée. Non seulement l’hôpital l’a laissée partir, mais les autorités, derrière des larmes de crocodile, fuient entièrement leurs responsabilités.

La mairie de Reims prétend mener une « action régulière », elle ose reprocher à « sa famille de ne pas avoir fait de demande particulière quant à un problème médical » et lorsque le traitement inhumain infligé à ces personnes lui est signalé, elle répond avec cynisme que « ce qui est inhumain, ce sont ces filières de passeurs qui profitent de la misère humaine et celles et ceux qui en font de la récupération politique », en fuyant totalement ses responsabilités, notamment en termes d’accueil.

La Préfecture affirme qu’« aucun dossier de vulnérabilité… n’a été déposé lors de son passage à l’OFII », or, conformément à la directive européenne du 26 juin 2013 et à la loi française du 29 juillet 2015, son âge avancé établit sa vulnérabilité. La Préfecture affirme que « lorsqu’un état de vulnérabilité est signalé au 115, celui-ci s’attache à trouver une solution d’hébergement dans les meilleurs délais », pourtant le 115 a été averti à de nombreuses reprises de la très grande fragilité de Gjmle.

De tels propos indignes et mensongers, non seulement salissent la mémoire de Gjemle, mais s’ajoutent à la fois la tristesse d’un décès et à la colère face à l’irresponsabilité des autorités, qui sont de la sorte coupables de non-assistance à personne en danger.

Nous formulons le souhait que cette tragique expérience puisse être porteuse d’enseignements et que toute personne en situation de détresse bénéficie d’un hébergement d’urgence, comme le prévoit la loi.

Reims, le 8 janvier