Projets de budget 2019 : l’austérité n’est pas pour les riches, ni les flics et les mercenaires

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Le 24 septembre, le gouvernement a présenté en Conseil des ministres le projet de loi de finances de l’État et de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019. Le budget présente un concentré de la politique du gouvernement, celui-ci ne déroge pas à la tradition.

De nouveaux cadeaux au patronat

Il s’agit, prétend le gouvernement, de « stimuler l’activité des entreprises et l’investissement » (Édouard Philippe, Le Journal du dimanche, 25 août). C’est bien autour d’un cadeau de 18,8 milliards d’euros fait au capital, sans condition ni contrôle, qu’est construit le budget de 2019. La fable de six milliards d’euros versés aux ménages a en revanche fait long feu.

Le budget de l’État pour 2019 se fonde sur une hypothèse de croissance économique de 1,7 %, contre auparavant 1,9 %. Comme si les cinq milliards de cadeaux fiscaux liés à la suppression de l’ISF et à l’instauration d’un taux unique à 30 % sur les revenus du capital n’avaient pas eu l’effet annoncé sur la production. En réalité, seuls les simples d’esprit croyant à la fumeuse « théorie du ruissellement » peuvent imaginer que rendre les riches encore plus riches allait améliorer la situation du pays.

Le déficit public est prévu à 2,8 % du PIB (au lieu de 2,3 % précédemment), la principale cause étant les cadeaux au patronat, notamment le CICE, sans lequel le déficit serait environ deux fois moindre (d’après Alternatives économiques, octobre). Lors de ses trois premières années d’activité, le CICE a consisté à verser 46 milliards d’euros pour une création d’emplois estimée entre 145 000 et 339 000, en incluant des emplois indirects qui auraient pu être créés par d’autres moyens (selon l’OFCE), ce qui correspond à un coût par emploi entre 136 000 et 317 000 euros.

Des attaques supplémentaires contre les retraités et les pauvres

Cela passe par une offensive contre la sécurité sociale avec une accusation à la paresse pour celles et ceux qui perçoivent des prestations sociales. Le gouvernement prétend ainsi « privilégierla rémunération de l’activité et… rompre avec l’augmentation indifférenciée des allocations… ». Lorsque dans le même temps, il évoque « le retour à l’activité » et la décision que les pensions, mais aussi l’APL et les allocations familiales, « progresseront de façon plus modérée, de 0,3% par an en 2019 et en 2020 » (Édouard Philippe, Le Journal du dimanche, 25 août), il estime que les retraités feraient mieux de travailler. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a à cette occasion sombré dans le ridicule en affirmant que les retraités « ne seront pas perdants, leur pension de retraite continuera à être revalorisée » (Le Monde, 27 août), alors que l’inflation est estimée à 2 %. Cela correspondrait à trois milliards d’économie.

Le Premier ministre n’en fut pas moins ridicule en affirmant que « le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire ! » (Édouard Philippe, Le Journal du dimanche, 25 août). Non seulement il est insultant d’affirmer que des personnes malades soient en vacances, mais cette augmentation tient essentiellement au recul de l’âge de départ à la retraite.

Macron et Philippe aux petits soins pour l’appareil de répression

La limitation du déficit n’est, comme à l’habitude, qu’un prétexte pour réduire les dépenses qui ne sont pas au service des capitalistes (sans cadeaux au patronat ni fraude fiscale le budget serait équilibré), c’est-à-dire celles qui profitent aux travailleurs.

Il s’agirait de limiter à 0,6 % la croissance des dépenses publiques. Cela passe par une réduction du nombre d’emplois aidés de 200 000 à 100 000 (un milliard d’euros). Si ces emplois étaient largement précaires, ils jouaient un rôle social important à la fois en permettant à des personnes inadaptées à la jungle du secteur privé d’être employées et à des populations en grande difficulté de s’adresser à des associations. Le gouvernement compte supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022 (50 000 pour l’État, 70 000 pour les collectivités locales). Il en a supprimé 1 600 en 2018, veut en supprimer 4 164 en 2019 puis augmenter le rythme. Pas des postes de flics, de soldats ou de matons puisque 450 emplois supplémentaires seront créés au ministère de la Défense (budget en hausse de 5 %) et 2 500 au ministère de l’Intérieur (budget en hausse de 1,6 %). En revanche, les crédits sont réduits de 19 % au ministère du Travail, de 7 % au ministère du Logement et 2 600 postes d’enseignants seront supprimés au collège et au lycée dans l’enseignement public, 400 postes d’administratifs, plus 600 postes dans l’enseignement privé (ce qui fait moins en proportion).

Retrait des projets de budget 2019 !

Toutes les confédérations de salariés (CGT, CFDT, FO, Solidaire, FSU, UNSA) ainsi que tous les partis politiques issus de la classe ouvrière (PS, PCF, LFI…) dénoncent à juste titre les projets de budget de l’État et de la Sécu. Mais des communiqués syndicaux et les harangues de quelques députés n’empêcheront pas à l’Assemblée à majorité LREM-MoDem de les voter.

Front unique ouvrier pour une manifestation nationale à l’Assemblée pour empêcher l’adoption du budget !

30 septembre 2018