Macron, complice de Netanyahou

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Un colonisateur accueilli avec faste

Le 16 juillet, Macron a accueilli le premier ministre israélien, Netanyahou, qu’il a traité affectueusement de « cher Bibi ». Il est vrai qu’ils se sont rencontrés l’un comme responsable en chef d’interventions militaires néocoloniales en Afrique et au Proche-Orient, l’autre comme chef d’un État colonial qui étend sous son gouvernement la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem.

La date n’est pas anodine puisque c’était à l’occasion de l’anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, accréditant la mystification que le sionisme est le représentant et le défenseur des Juifs du monde. En fait, les sionistes ont parfois pactisé avec le nazisme pour favoriser la colonisation de la Palestine. À cette occasion, Macron a déclaré que c’était « la France » qui était responsable de cet acte ignoble, alors que c’est l’État français, son pouvoir exécutif désigné par la majorité de l’Assemblée nationale élue en mai 1936, sa police et les partis fascistes qui avaient le monopole politique qui étaient responsables avec l’impérialisme allemand. La police n’a pas été épurée et la plupart des hauts fonctionnaires de Vichy ont poursuivi leur carrière politique dans la 4e et la 5e Républiques (Papon, Bousquet, Legay, Mitterrand…).

En plus, Macron a déclaré : « nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme». Autrement dit, pour le président, contester l’État colonial est identifié au racisme, ce qui est passible en France de poursuites judiciaires.

Internée à Drancy le 4 juillet 1944 et libérée par les événements du 17 août 1944, je dénie formellement toute justification à la présence d’un homme cautionnant les exactions et les méfaits de la colonisation israélienne en Palestine et je récuse la sempiternelle et démagogique confusion entre antisémitisme et critique de l’État d’Israël. (Suzanne Citron, historienne, 18 juillet 2017)

Enfin, à l’issue de la rencontre de travail qui a suivi, Macron a rappelé «le soutien indéfectible et inconditionnel de la France à la sécurité d’Israël» et appelé à la reprise des « négociations de paix » pour « une solution à deux États ».

Netanyahou a largement précédé Trump. Il généralise la détention administrative comme actuellement Salah Hamouri, Khalida Jarrar et bien d’autres. Il légalise 55 colonies dites « sauvages ». Il prévoit d’étendre les limites de Jérusalem pour y inclure les principales colonies. Il démolit consciencieusement les infrastructures palestiniennes, y compris celles financées par l’Union européenne. Il prépare une loi fondamentale faisant d’Israël l’État-nation du peuple juif, faisant des 6 millions de Palestiniens qui vivent entre mer et Jourdain des parias étrangers et mettant en danger les Juifs du monde entier qui refuse ce délire tribal. (Union juive française pour la paix, 7 décembre 2017)

Pour le front unique ouvrier contre la poursuite de la colonisation et l’oppression sioniste

Des milliers d’Arabes palestiniens ont protesté à Jérusalem et à Gaza durant les jours qui ont suivi la décision de Trump. Au terme des manifestations, le 15 décembre, le bilan était de 160 blessés et de 4 tués.

Mais la colonisation de la Palestine, l’oppression des Palestiniens, les menaces contre l’Iran, les interventions militaires en Syrie et en Irak des impérialistes américain, russe, britannique, français… doivent devenir l’affaire de tout le mouvement ouvrier mondial.

La classe ouvrière est, sur cette question comme les autres, handicapée par la politique de ses directions. En France, les bureaucraties syndicales et les partis sociaux-impérialistes (LFI, PCF, PS) soutiennent la position de leur propre bourgeoisie : la reconnaissance d’Israël et la « solution des deux États ». LO et le NPA s’alignent.

Les travailleuses et travailleurs doivent exiger de toutes les organisations qui se réclament des travailleurs en France qu’elles s’opposent à la politique pro-sioniste de leur gouvernement et prennent position pour les revendications démocratiques suivantes :

Fin de la colonisation de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie !

Levée du blocus de Gaza par Israël et l’Égypte !

Destruction du mur de l’apartheid !

Libération de tous les prisonniers palestiniens !

Droit au retour des réfugiés et de leurs descendants !

Aucune arme française à Israël, aucune collaboration militaire avec Israël !

25 janvier 2018