Le 23e congrès de FO, février 2015

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La France se caractérise par un émiettement syndical incroyable, puisqu’il existe actuellement 8 confédérations de salariés : CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires, CNT, sans parler d’organisations syndicales autonomes comme la FSU dont l’effectif est plus important que celui de plusieurs des confédérations.

La collaboration de classes ratifiée, Mailly plébiscité

Réuni à Tours du 2 au 6 février, le congrès de la CGT-Force ouvrière, la 3e centrale syndicale, a rassemblé 3 000 délégués représentant officiellement 500 000 adhérents. Alors que les syndiqués sont à 45 % des femmes, elles ne sont que 2 sur les 35 membres de la direction confédérale.

Le congrès a adopté à 97 % le rapport d’activité de la direction sortante. Jean-Claude Mailly a été réélu secrétaire général avec 99 % des voix, ce qui contraste avec les difficultés de direction de la CGT. Voter le rapport d’activité, c’est approuver le bilan de la direction : quatre ans de cogestion avec le patronat (CNAV, COR…), de discussion des plans anti-ouvriers (« dialogue social »), voire de signatures des coups portés par les capitalistes et leur gouvernement.

Plusieurs accords ont été négociés au niveau interprofessionnel depuis 2012. Certains que nous n’avons pas signés tels ceux relatifs à la sécurisation de l’emploi ou à la qualité de la vie au travail, d’autres sur lesquels nous avons apposé notre signature en prenant nos responsabilités. Je veux parler de ceux relatifs à la formation professionnelle, aux retraites complémentaires et à l’assurance chômage, le dernier accord signé par FO étant celui relatif au contrat de sécurisation professionnelle. (Mailly, Discours au 23e congrès FO, 2 février 2015)

Voter le rapport d’activité, c’est aussi avaliser l’organisation en octobre 2014 par le syndicat de la police FO d’une campagne contre les réfugiés syriens et irakiens de Calais qui veulent partir en Grande-Bretagne, en collusion avec le FN. 

Ce 23e congrès a également adopté une résolution finale à l’unanimité moins 12 voix contre et 23 abstentions, qui se conclut sur la défense de la « République » et pour une journée d’action interprofessionnelle :

Tout en soulignant que l’action commune bien définie, sur des revendications claires, est un gage d’efficacité, le congrès arrête le principe d’une journée nationale de grève interprofessionnelle et de manifestations, dont une à Paris, contre l’austérité et pour l’aboutissement des revendications. (Résolution générale, 6 février 2015)

Voter pour la défense de la République, c’est ratifier la participation de FO à l’opération d’union nationale du gouvernement en janvier 2015 avec le Medef, l’UMP et même le premier ministre israélien et les monarques du Golfe, c’est préconiser la collaboration de classes, c’est faciliter la besogne du parti fascisant avec la recherche d’un exutoire à l’étranger (l’Union européenne), c’est renforcer l’appareil de répression « de la République » contre les pays dominés, les manifestants, les grévistes, les travailleurs sans papiers.

Voter la résolution finale et sa « journée d’action » bidon, c’est s’opposer à la grève générale jusqu’à l’annulation de toutes les dispositions anti-ouvrières, jusqu’au retrait de tous les projets réactionnaires contre l’hôpital public (projet de loi Touraine) et contre les libertés (projet de loi Valls). C’est préparer de nouvelles défaites.

Le POI, larbin de la bureaucratie syndicale

La presse bourgeoise prétend qu’il y a une forte présence trotskyste dans FO.

M. Mailly a su pacifier la mosaïque de sensibilités qu’il dirige et instaurer une sorte de paix des braves entre les réformistes – majoritaires à 60 % au sein de la commission exécutive de 35 membres – et les trotskystes, 30 %. (Le Monde, 1er février 2015)

Rien n’est plus faux. Les votes du 23e congrès de Force ouvrière montrent que le POI est aussi social-patriote que les chefs de FO et confirment que nombre de responsables du POI font depuis longtemps partie intégrante de la bureaucratie de FO.

S’il y avait eu des communistes internationalistes dans ce congrès, elles et ils auraient voté contre le rapport d’activité, contre la réélection de Mailly, contre la résolution finale.

S’il y avait eu des communistes internationalistes dans ce congrès, elles et ils auraient combattu la cogestion, le « dialogue social ».

S’il y avait eu des communistes internationalistes dans ce congrès, elles et ils se seraient battus pour la défense des précaires et des immigrés, pour une seule centrale syndicale, pour des assemblées générales unies qui décident, pour des comités élus et centralisés pour diriger les luttes et s’opposer au gouvernement bourgeois, pour l’expropriation de tous les groupes capitalistes.

15 mars 2015