Hollande déçoit les travailleurs sans satisfaire les exploiteurs

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Une situation difficile pour l’impérialisme français

Hollande, le 15 août dernier, affirmait : « La France, 5e puissance économique du monde… entend, par les réformes qu’elle engage, rester à ce niveau ». Valls en rajoutait une louche, le 6 octobre à la City : « Je veux que la France redevienne la première puissance économique européenne ».
Valls ne doute de rien : le capitalisme français a toujours occupé la seconde place en Europe, après la Grande-Bretagne au 19e siècle, après l’Allemagne au 20e. Et le différentiel actuel est cruel pour le capitalisme français : le produit intérieur brut de la France était en 2013 de 2 059 milliards d’euros (15,7 % du produit de l’UE à 28) alors que celui de l’Allemagne était de 2 737 milliards (20,9 %) ; la balance commerciale française accuse un déficit annuel de l’ordre de 80 milliards d’euros tandis que celle de l’Allemagne affiche un excédent de plus de 200 milliards d’euros.

La production industrielle en volume a reculé à nouveau en 2013 de 0,5 %, après un recul de 1,5 % en 2012. Elle reste inférieure de 8,6 % au niveau atteint en 2007. L’investissement quant à lui continue de baisser, après – 2,1 % en 2013, il chute à nouveau sur les trois premiers trimestres de 2014.

Le paiement des seuls intérêts de la dette publique représente 1 500 euros chaque seconde, alors que les taux sont historiquement bas. La dette publique augmente en France, elle se rapproche des 100 % du PIB tandis qu’elle baisse en Allemagne où elle n’est que, si l’on peut dire, de 76 % du PIB.

Dans un contexte mondial plus incertain

Cependant, l’impérialisme allemand s’essouffle à son tour et échappe de peu à la récession. L’économie italienne recule de 0,4 % sur un an. En fait c’est la situation économique de toute la zone euro qui inquiète les bourgeoisies du monde entier : avec une très faible croissance, elle n’a toujours pas récupéré le niveau d’avant la crise de 2008. De fait, au plan mondial, après une reprise assez nette en 2010-2011, le taux de croissance s’affaiblit, et redevient assez poussif et instable.

La dégradation des perspectives de croissance mondiale pour 2014 tient à un tassement de l’activité économique dans les pays avancés au premier semestre de 2014 et à des perspectives moins optimistes pour plusieurs pays émergents. (FMI, Perspectives de l’économie mondiale, octobre 2014)

Même le capitalisme chinois ralentit. D’après Patrick Artus, l’industrie chinoise est en fait sur un rythme de croissance zéro, car sa consommation d’énergie reste stable. Pour le FMI, l’immobilier et le BTP en Chine sont responsables de plus du tiers de la croissance en 2013 et ce sont justement les secteurs où s’est formée une gigantesque bulle spéculative…

L’impasse fondamentale du capitalisme au stade impérialiste

Le capitalisme est entré en décadence depuis un siècle. La parenthèse historique des « trente glorieuses » (1945-1974) n’était pas due à l’efficacité des politiques économiques inspirées de l’économiste bourgeois Keynes (comme le prétendent les staliniens défroqués du Parti communiste français et les nostalgiques du gaullisme du Parti du gauche).

L’accumulation du capital est repartie grâce à la 2e Guerre mondiale de 1939-1945 (par la destruction à une échelle inouïe des équipements industriels, des infrastructures, par le massacre à grande échelle des travailleurs), à l’empêchement de la révolution par le stalinisme de 1943 à 1949 (Italie, Allemagne, France, Grèce…) et à la reprise des échanges économiques internationaux sous hégémonie de l’impérialisme vainqueur.

Un mouvement d’une importance décisive s’opéra au cours des deux guerres mondiales et des périodes d’économie d’armement : le capital américain but littéralement le sang des impérialismes européens en décrépitude… L’hégémonie, au sein de l’impérialisme mondial, économique, militaire, politique, de l’impérialisme américain permettait de rétablir le marché mondial et la division internationale du travail. (Stéphane Just, Défense du trotskysme, t. 2, 1971)

En outre, la guerre, qui seule avait mis fin à la dépression économique ouverte par la crise de 1929 et aggravée par le protectionnisme généralisé, ne cessa jamais.

La guerre de Corée et la conjoncture d’armement massif qu’elle « justifia » écartèrent la crise menaçante. La « guerre froide » fut à l’origine d’un nouvel essor de l’économie d’armement. (Stéphane Just, En défense du trotskysme, t.2 , 1971)

Les contradictions du capitalisme n’étaient pas surmontées, ce qui se manifesta par la crise capitaliste mondiale de 1974 et le retour du chômage de masse dans les centres impérialistes eux-mêmes. Le rétablissement du capitalisme en Europe centrale, en Russie, en Chine et au Vietnam (1989-1992) a apporté un bref sursis, en livrant plusieurs centaines de millions de travailleurs à l’exploitation, ainsi que des débouchés aux marchandises, mais le retour de la crise, de 2007 à 2009, a prouvé que le capitalisme était bien en déclin.

Aujourd’hui, l’ensemble du système capitaliste est engorgé de capitaux qui ne trouvent plus à s’investir avec un taux de profit suffisant. Pour de nouvelles « trente glorieuses », il faudrait préalablement des destructions massives de capital, du niveau de celles de la 2e Guerre mondiale. A cet égard, la dernière crise de 2008 a été insuffisante puisque tous les États bourgeois sont massivement intervenus pour sauver leurs banques et leurs groupes industriels, à quelques exceptions près.

La destruction massive de forces productives est la condition, évidemment parfaitement effroyable pour le prolétariat mondial, qui ouvrirait pour un temps aux États bourgeois vainqueurs la possibilité de renouer avec le profit et d’accumuler le capital à grande échelle. En attendant, la « politique de la relance » par de nouvelles dettes est une fiction complète.

La dette publique des « pays avancés » est, par rapport au PIB, à un niveau comparable à celui de la fin de la 2e Guerre mondiale, alors qu’elle s’était réduite durant la phase d’accumulation du capital qui avait suivi. D’où la riposte du ministre de l’Économie allemand quand le gouvernement Obama presse l’Union européenne, notamment l’Allemagne, de prendre des mesures de relance. Wolfgang Schäuble se dérobe en invoquant les limites des palliatifs keynésiens (pratiqués par la Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon, la Banque centrale chinoise et la Banque centrale européenne).

La situation de l’économie mondiale et de l’Europe est celle de la surabondance de liquidités et de dettes publiques trop importantes. Cela signifie que la marge de manœuvre pour stimuler la croissance, en jouant sur la demande et la politique monétaire, est étroite, avec des différences régionales. (Les Échos, 19 septembre 2014)

Bref, la stagnation économique dans laquelle se débat la bourgeoisie française depuis la crise capitaliste mondiale de 2007 s’inscrit indiscutablement dans la crise historique du capitalisme au stade impérialiste, avec ses oscillations, dont le chapitre ouvert en 2007 est loin d’être refermé.

Sous la domination du capital industriel, à l’époque de la libre concurrence, les montées conjoncturelles dépassaient de loin les crises ; les premières étaient la règle, les secondes l’exception ; le capitalisme dans son ensemble était en montée. Depuis la guerre, avec la domination du capital financier monopolisateur, les crises conjoncturelles surpassent de loin les réanimations ; on peut dire que les crises sont devenues la règle, les montées l’exception ; le développement économique dans son ensemble va vers le bas, et non vers le haut. Néanmoins des oscillations conjoncturelles sont inévitables et avec le capitalisme malade elles se perpétueront tant qu’existera le capitalisme. Et le capitalisme se perpétuera tant que la révolution prolétarienne ne l’aura pas achevé. (Léon Trotsky, Où va la France ?, 1934)

La situation économique de la classe ouvrière et de la jeunesse empire

La situation de la classe ouvrière et de la jeunesse continue de se dégrader.

Selon l’INSEE, en 2012, le revenu médian était de 1 660 euros mensuels. Sont considérés comme pauvres ceux qui ont moins de 60 % de ce revenu, soit 996 euros, ce qui représente 8,6 millions de personnes, soit 14 % de la population. De 2008 à 2012, ce nombre a augmenté de 800 000, d’après l’Observatoire des inégalités. Le pouvoir d’achat des ménages baisse depuis 2010 selon les Cahiers de la consommation. Encore ne s’agit-il ici que de moyennes sur l’ensemble de la population.

Le taux de chômage augmente inexorablement, le nombre de chômeurs atteint en septembre 3 432 000 pour les seuls chômeurs de catégorie A, et 5 431 500 pour toutes les catégories de chômeurs en intégrant les DOM. Ce taux a augmenté de 5,7 % en un an. D’après le dernier rapport de l’INSEE de novembre 2014, 4 chômeurs sur 10 de catégorie A sont des chômeurs de longue durée, c’est-à-dire de plus d’un an.

Alors que 36 % des emplois industriels ont été détruits entre 1980 et 2007, soit 1,9 million, cette tendance s’est poursuivie depuis ; or on sait que les emplois industriels génèrent toujours de nombreux autres emplois. De janvier à septembre 2014, 159 usines ont fermé dans le pays contre 119 ouvertures. De plus, les emplois dans les services (banques, commerce) commencent à diminuer également.

La part des CDI reste stable aux alentours de 85 % de l’emploi salarié, et c’est pour cela que le patronat et le gouvernement veulent le remplacer par un contrat unique qui serait beaucoup moins protecteur. La part des CDD de courte durée, moins d’un mois, explose. De même la durée moyenne des missions d’intérim raccourcit depuis 2008. L’emploi temporaire concerne désormais plus de 50 % des jeunes.

Hollande et Valls poursuivent leur politique anti-ouvrière grâce à tous les partis et aux directions syndicales

D’un côté, la bourgeoisie française est bien décidée à forcer l’allure, sa situation l’exige et le Medef le rappelle tous les jours. Mais de l’autre, sa monture, entendez Hollande, qui s’est totalement discrédité auprès de la classe ouvrière et de la jeunesse, n’est pourtant pas le fougueux destrier dont elle rêve et dont elle a besoin. Au-delà du personnage, il y a un problème : la fragilité politique du gouvernement. Après avoir le plus largement possible ouvert la route au MEDEF, Hollande s’est en quelque sorte usé avant l’heure. Dans une véritable fuite en avant, il s’appuie de plus en plus sur les Macron et les Valls, parfaitement interchangeables avec leurs équivalents de l’UMP.

Même les scandales de l’UMP deviennent, grâce à la proximité de Fillon avec Jouyet , le secrétaire général de l’Élysée et aussi un ancien ministre de Sarkozy-Fillon, un coup supplémentaire pour Hollande. D’où d’un côté l’apparition des députés « frondeurs » soutenus par Aubry, qui se gardent bien de voter contre les budgets, et de l’autre l’appel de Valls à faire un nouveau parti qui ne serait plus le Parti socialiste, parti ouvrier bourgeois, mais plutôt le Parti démocrate à l’italienne, parti bourgeois tout court.

Cependant, la bourgeoisie française qui piaffe ne peut chasser Hollande avant l’heure : d’une part Hollande lui rend tout de même bien des services, d’autre part la représentation politique de la classe dominante, du MoDem au FN, ne veut pas jouer à l’apprentie sorcière en mettant en cause la 5e République et son pivot, la présidence.

Le Front de gauche tente de faire patienter les travailleurs mécontents jusqu’à 2017 avec les exutoires de la « révolution citoyenne », de la « révolution fiscale », de la « 6e République » bourgeoise.

Les combattants pour la démocratie, à notre époque, ne peuvent pas plus être considérés comme des révolutionnaires qu’un épicier en faillite comme un prolétaire. (Trotsky, Paralysie progressive, juillet 1939)

Leur dernière diversion a été la manifestation du 15 novembre appelée par le « Collectif 3A » (PCF, PdG, NPA…). L’appel bavarde sur une « politique imposée sans débat » alors que certains de ceux qui le signent participent justement, comme élus, aux débats à l’Assemblée nationale, au Sénat ou, comme bureaucrates syndicaux, à la négociation de cette politique.

La voie royale utilisée depuis longtemps, tant par Sarkozy que par Hollande, pour faire passer les attaques, le « dialogue social », ne trouve plus complètement grâce aux yeux de la bourgeoisie, trop long : « un bilan insuffisant, des compromis boiteux » disent Les Échos du 8 octobre, « un vrai accord, sinon rien ». Les bureaucraties syndicales sont prêtes à négocier un « vrai accord », mais il n’est pas sûr que le prolétariat les laissera faire.

La diversion de la journée d’action du 16 octobre

Le complément de la participation des sommets syndicaux aux attaques contre la classe ouvrière est la soupape des prétendues journées d’action auxquelles est conviée la base. La dernière en date était convoquée le 16 octobre. Elle a été squelettique.

D’habitude, LO et le NPA enjoignent aux travailleurs d’obéir au doigt et à l’œil aux consignes de la bureaucratie de la CGT. Mais cette fois-ci, LO a senti opportun de prendre un peu de distance avec cette « journée d’action » sans écho, d’autant que le secrétaire général est contesté dans l’appareil (comme en témoignent les révélations sur le montant des travaux de son logement de Vincennes : 130 000 euros aux frais du syndicat, selon Le Canard enchaîné).

<eù>Au lieu de dénoncer le gouvernement Hollande comme le bras du patronat, la CGT par la voix de Lepaon continue à entonner le refrain frelaté d’une autre politique de gauche ! Elle tourne le dos à ce qui serait le rôle d’une véritable direction ouvrière, dire la vérité sur ce gouvernement pour préparer la riposte. (Lutte ouvrière, 12 septembre 2014)

Que faisait LO à la tribune du rassemblement du 1er décembre 2013 « pour une révolution fiscale » appelé par le PCF et le PdG, sinon cautionner le « refrain frelaté d’une autre politique de gauche » ?

La critique de LO reste limitée : la tâche d’une « véritable direction ouvrière » se limiterait à « dire la vérité », et cette vérité se bornerait à dévoiler que Hollande est « le bras droit du patronat ».

Mais si Hollande est le bras droit du patronat, Lepaon est son bras gauche. Et il ne faut pas seulement le dire, il faut combattre la bureaucratie corrompue dans la CGT et dans les assemblées générales, exiger la rupture des organisations syndicales avec le gouvernement et le patronat, la préparation de la grève générale contre le gouvernement Hollande et le patronat, ouvrir la perspective d’un gouvernement ouvrier et des États-Unis socialistes d’Europe.

La direction CGT avalise la suppression des délégués du personnel dans les entreprises de moins de 50 salariés

Le patronat veut supprimer l’obligation d’un délégué du personnel passé 10 salariés. (Les Échos, 29 octobre 2014)

Alors que le gouvernement Valls annonce des coupes claires dans la sécurité sociale et les dépenses publiques, entend baisser les seuils sociaux, étendre le travail le dimanche, vise les chômeurs… tous les appareils syndicaux négocient ces mesures, voire les préparent, et pas seulement la CFDT.

Afin de parvenir à une « représentation collective universelle », la CGT innove en proposant d’abord, pour l’ensemble des sociétés de moins de 50 salariés, de rendre obligatoire l’organisation d’élections de délégués du personnel dès lors que deux salariés le demandent. Deuxièmement, les salariés des entreprises de même taille, qui ne veulent ou ne peuvent (la pression patronale pouvant être dissuasive) avoir de délégués dans leur propre boîte, pourraient élire, une fois tous les quatre ans, sur liste syndicale, des représentants à l’échelle d’un territoire. (L’Humanité, 14 novembre 2014)

En termes plus clairs, les chefs de la CGT ont proposé le 13 novembre, dans le cadre des négociations sur « le dialogue social », de supprimer l’obligation de l’élection des délégués du personnel dans les entreprises entre 11 et 50 salariés.

Le patronat se frotte les mains : parvenir à se débarrasser du droit à des délégués du personnel élus, agissant dans l’entreprise et donc en partie contrôlés par les travailleurs, une aubaine apportée sur un plateau par la direction de la CGT !

La bourgeoisie prépare l’affrontement avec la classe ouvrière et la jeunesse avec l’aide du gouvernement

L’impérialisme français parce qu’il est en difficulté et menacé de perdre son rang se fait d’autant plus agressif. C’est la raison de ses interventions qui se multiplient sur le terrain diplomatique (comme en Ukraine où le gouvernement français dirigé par le PS soutient un gouvernement qui comprend le parti fasciste Svoboda) comme sur le terrain ouvertement militaire (au Mali, en Centrafrique et maintenant au sein de la coalition interimpérialiste en Irak et Syrie).

Nous avons plus de 20 000 militaires déployés hors de métropole, dont plus de 8 000 au profit de 27 opérations sur 4 continents, dans les airs et sur tous les océans. (Général chef d’état-major Pierre de Villiers, Le Monde, 15 novembre 2014)

Les douanes et la police de « la République » poursuivent le refoulement des migrants, la destruction des misérables camps de Roms, les expulsions des étrangers pauvres.

Si l’on en croit le rapport rendu public le 18 novembre, par cinq associations autorisées à entrer dans les centres de rétention, l’année 2013 a été marquée par une nette augmentation du nombre d’éloignements forcés d’étrangers. Il a augmenté de 15% – passant de 38 652 à 44 458, en comptant l’outre-mer « où se concentrent les plus graves atteintes aux droits fondamentaux », et même à 51 844 en intégrant le dispositif d’« aide au retour ». (Le Monde, 20 novembre 2014)

Le syndicat de la police FO a même monté avec l’UMP et le FN une campagne répugnante contre les travailleurs qui veulent vivre en Grande-Bretagne pour fuir les guerres, largement fomentées par les puissances impérialistes ou les fascistes islamistes qu’elles (ou leurs alliés du Golfe) ont encouragés.

Le gouvernement PS-PRG restreint les libertés démocratiques avec l’interdiction de la manifestation à Paris en juillet en solidarité avec le peuple palestinien victime de l’agression sioniste à Gaza, la poursuite devant les tribunaux du militant responsable du NPA qui avait osé braver l’interdiction, puis avec la nouvelle loi contre le terrorisme votée le 18 septembre.

L’Assemblée nationale a voté jeudi matin le projet de loi « lutte contre le terrorisme », porté par Bernard Cazeneuve sous l’impulsion de Manuel Valls. Le ministre de l’Intérieur a fait adopter, dans un grand exercice d’acrobatie politique, l’article 9 qui prévoit le blocage des sites internet par l’exécutif, sans décision préalable du pouvoir judiciaire : une mesure contre laquelle il avait voté lorsqu’il était député et que l’UMP l’avait proposée en 2010. (Le Point, 18 septembre 2014)

Il faut relier ces atteintes aux libertés à la préparation à la guerre civile à laquelle se livre l’armée par Vigipirate et par les manœuvres militaires dans les villes (à Briançon en septembre, à Angers en novembre…), à la répression de la manifestation des opposants au barrage de Sivens avec l’utilisation par les forces de l’ordre, non pas d’une, mais d’une quarantaine de grenades offensives, armes de guerre, et les consignes d’extrême fermeté données, semble-t-il, par le Préfet, aboutissant à la mort de Rémi Fraisse.

Il faut relier ces faits avec la violence policière utilisée contre la partie de la jeunesse qui se révolte contre la répression et l’assassinat de Rémi, avec l’utilisation avérée de policiers en civil dans les manifestations qui ont suivi, notamment à Rennes et à Toulouse et avec l’apparition tellement opportune de provocateurs cassant les vitrines et les abribus pour tenter de dresser la population du côté de la répression.

Comme ils soutiennent l’État bourgeois, les partis réformistes et les bureaucrates syndicaux n’ont pas bougé le petit doigt pour organiser la riposte de la classe ouvrière et de la jeunesse contre l’agression policière, pour la défense des libertés démocratiques, du droit de manifester, laissant toute latitude aux provocateurs dans les manifestations de jeunes laissés seuls et pour certains aujourd’hui poursuivis par la justice.

Regrouper les communistes internationalistes

En France, la jeunesse tente de se dresser contre la répression policière, la politique de l’immigration, l’échec scolaire et le chômage. En Europe, dans plus d’un pays, le prolétariat vient de montrer des signes de révolte (Bosnie, Italie, Belgique, Turquie, Allemagne, Grèce…). De plus en plus, la situation va prendre un caractère tranché entre révolution ou contre-révolution.

C’est précisément à la veille de ces événements que tous les partis sociaux chauvins (PS, PdG, PCF) ouvrent de plus en plus la voie à la réaction et que toutes les organisations centristes (LO, NPA…) les protègent plus que jamais, ce qui alimente le désarroi politique dans la classe ouvrière et la jeunesse.

Pourtant, il y a place pour une orientation hardie, décidée, qui relie chaque revendication, chaque mobilisation avec l’objectif de la prise du pouvoir par la classe ouvrière, de la dissolution des corps de répression et de la haute fonction publique, pour le gouvernement ouvrier, le pouvoir des conseils à l’échelle de tout le pays et de toute l’Europe. Toutes celles et ceux qui l’ont déjà compris doivent se préparer en s’unissant pour forger l’internationale communiste et le parti ouvrier révolutionnaire qui sont indispensables à la victoire sur la bourgeoisie.