À bas le « pacte de responsabilité » ! Pour un boycott de toutes les discussions des attaques contre les travailleurs !

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La collaboration de classe est un outil
essentiel pour le gouvernement

Depuis 2012, le patronat a bénéficié de 100 milliards d’euros d’exonération de cotisations, auxquels s’ajoutent les nouvelles faveurs de la loi de finances rectificative du budget de l’État adoptée par l’Assemblée nationale le 1er juillet et de la loi de finance rectificative sur la Sécurité sociale adoptée le 8 juillet (dont une nouvelle baisse de cotisations et la suppression partielle de la taxe C3S). Aucun député PS n’a voté contre.

En deux ans des réformes importantes ont été menées à bien et elles sont pour la plupart issues des travaux issus des deux précédentes conférences. (François Hollande en ouverture de la conférence sociale, 7 juillet 2014)

En 2012, la 1re « conférence sociale » a donné lieu à la création de l’ANI, outil de précarité accrue pour les travailleurs. Elle a également permis la multiplication des contrats courts, des stages (sous-payés voire pas payés du tout), le recul des CHSCT, du droit à l’information des salariés. La 2e conférence a ouvert une nouvelle offensive contre les retraites. Toutes les directions syndicales y ont participé, au nom de « l’intérêt national », de « la France », de la « compétitivité de l’industrie française ».

La CGT est le fournisseur officiel d’idées et de propositions dans toutes les réunions. (Thierry Lepaon, BFM-RMC, 1er mai 2014)

Toujours au nom du « dialogue social », avec la participation de tous les dirigeants syndicaux les droits des chômeurs et des intermittents du spectacle ont été réduits, les statuts des professeurs du secondaire ont été mis en cause, le projet de la loi qui privatise de fait la SNCF a été écrit.

Les objectifs de la 3e « conférence sociale » des 7 et 8 juillet n’étaient pas secrets : renforcer la précarité (« amplifier l’action pour l’emploi »), baisser les salaires (« garantir le pouvoir d’achat par une rémunération équitable »), démanteler la Sécurité sociale (« rénover notre politique de santé »), et mettre en oeuvre le « pacte de responsabilité » (soit 30 milliards de cadeaux supplémentaires pour le patronat, 50 milliards de coupes dans les budgets publics – pas la police ni les tribunaux – et la fiscalisation du financement de la branche famille de la Sécurité sociale) après l’annulation de l’impôt sur les entreprises de transport routier.

Les discussions doivent commencer tout de suite et le pacte sera conclu à l’occasion d’une grande conférence économique et sociale au printemps. (Hollande, Allocution, 21 janvier 2014)

Cette conférence revêt une importance cruciale… La priorité est la mise en place effective et rapide du pacte de responsabilité. (Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, 16 juin 2014)

Le patronat compte bien percevoir les 50 milliards et il n’est plus question de la fiction de « contreparties ». Pour Gattaz, il faudra attendre « quelques mois, voire quelques années » (Libération, 7 juillet) pour espérer des créations d’emplois, alors que l’« Observatoire des contreparties » annoncé par Hollande ne verra jamais le jour.

Le patronat entend profiter de l’aubaine

Le Medef, accompagné de sept autres organisations patronales, a écrit à Hollande et à Valls, le 30 juin, pour s’assurer que le « pacte de responsabilité » sera bien mis en œuvre, qu’aucune mesure ne soit prise en faveur des travailleurs ayant une activité jugée « pénible » ou pour fixer une durée minimum de travail hebdomadaire (alors qu’elle aurait dû passer à 24 heures au 1er juillet), et que de nouvelles offensives (« réformes structurelles ») soient à l’ordre du jour.

Valls a répondu favorablement, quelques jours plus tard, dans le journal patronal Les Échos, affirmant que le « compte pénibilité » serait partiellement reporté, que le dispositif relatif au temps partiel sera révisé – ces deux mesures ayant pourtant été validées par plusieurs organisations, dont celles du patronat – et que le code du travail sera encore réduit, alors que, depuis 2004, 500 lois ont déjà été supprimées (une diminution de 10 %). Le patronat, loin d’être satisfait, en veut plus :

Le pacte seul ne suffira pas à redresser la France… Une douzaine de « mesures turbo » pour générer de l’emploi rapidement seront présentées à l’université d’été du Medef. Il faut regarder le sujet des seuils sociaux, parler de l’interdiction du travail le dimanche et après 21 heures. Le niveau du smic doit pouvoir être discuté… (Pierre Gattaz, Le Figaro, 21 juillet 2014)

Le retrait justifié de CGT, FO, FSU et Solidaires

Quelques jours avant la 3e « conférence sociale », toutes les directions syndicales étaient prêtes à s’y rendre et à aider une nouvelle fois le gouvernement au service des capitalistes. Le Front de gauche soutient la « conférence sociale » du gouvernement qui serait menacée par… le patronat :

Le patronat va-t-il torpiller la conférence sociale ? (L’Humanité dimanche, 3 juillet 2014)

Mais les nouvelles concessions gouvernementales aux exploiteurs rendent la collaboration de classes plus difficile à faire avaler aux travailleurs. Le mécontentement de la base grandit. Solidaires boycotte la rencontre dès le début : « La grande conférence sociale pour l’emploi… sans social et sans emploi, ce sera sans nous ! ». Les directions de la CGT, de FO et de la FSU, après avoir sagement écouté le président le 7 juillet boycottent, enfin, la 2e journée.

Pourtant, les chefs confédéraux tentent aussitôt de réduire la portée de cette absence.

Non au « dialogue social » ! Classe contre classe !

La direction de la CGT réclame surtout une place plus importante dans la « conférence sociale », elle ne supporte pas d’être « cantonnée… dans un rôle de figuration » (Thierry Lepaon, 4 juillet), de « ne pas être entendue, écoutée » (Lepaon, 7 juillet). Elle ne met pas en cause les « conférences sociales » elles-mêmes, mais uniquement la manière dont a été préparée la 3e conférence : « Ce n’est pas d’une conférence sociale hors sol dont les salariés ont besoin ». La direction de la FSU est sur la même ligne : « trop mal engagée en termes de méthode sur le dialogue social ». La direction de FO prend soin de préciser que ce n’est qu’« un bug dans le dialogue social » qui est « interrompu aujourd’hui mais il n’est pas rompu ».

Après le boycott, le Premier ministre tente de minimiser : « il s’agit d’un geste ponctuel… un refus prolongé du dialogue serait une posture incompréhensible » (Valls, 8 juillet). Le Président avait indiqué, en présence de la plupart des chefs syndicaux : « Les branches doivent s’emparer du sujet, le faire de manière urgente et aboutir à de vrais résultats » (Hollande, 7 juillet).

Ils semblent écoutés : les appareils syndicaux continuent à négocier, discrètement, les attaques des conférences sociales dans 24 branches. Dans la chimie, tous ont négocié avec l’UIC un accord qui a été signé par la CFDT et la CFTC le 17 juillet.

La tactique de l’exécutif a marché ! Jeudi, l’Union des industries chimiques (UIC) a annoncé la signature, avec deux syndicats, du premier accord de branche dans le cadre du pacte de responsabilité. (La Tribune, 17 juillet 2014)

En septembre, l’État prévoit une rencontre entre « partenaires sociaux » sur l’apprentissage. Il va mettre en place un « Haut comité du ferroviaire » pour associer les bureaucraties syndicales à la gestion de la SNCF.

La rupture de la participation des syndicats à la mise en place des attaques du Medef, la rupture de la collaboration avec le gouvernement qui les orchestre, voilà ce qui correspond aux intérêts des travailleurs. Les capitalistes ne sont pas des partenaires, mais des adversaires. Les acquis ne peuvent être préservés, les revendications ne peuvent être satisfaites que par la lutte des classes. Ils mènent une guerre au prolétariat : que font Lepaon, Mailly et consorts à leur table ?

  •  Non au « pacte de solidarité » ! Aucun cadeau supplémentaire aux patrons ! Aucune coupe supplémentaire dans les dépenses sociales !
  •  Boycott de toute négociation des attaques contre la classe ouvrière, dans les branches comme au niveau national ! Retrait des dirigeants syndicaux des conseils d’administration des sociétés anonymes, du Conseil économique social et environnemental et du Conseil d’orientation des retraites !
  •  Les syndicats au service des travailleurs, pour organiser la résistance, sauver les conquêtes antérieures, limiter l’exploitation, empêcher tout licenciement, exproprier les groupes capitalistes !


24 juillet 2014