Il y a 70 ans, le 6 octobre 1943, Robert Cruau tombait

Twitter Facebook

Un combattant communiste internationaliste exécuté par les nazis

Il y a 60 ans, le 6 octobre 1943, à Brest, notre camarade Robert Cruau tombait sous les balles des nazis. Il avait 22 ans.

Robert Cruau travaille aux PTT de Nantes et est syndiqué à la Fédération postale CGT. Il adhère d’abord au Parti socialiste ouvrier et paysan, fondé par Pivert en 1938, qui s’effondre dès l’ouverture de la guerre. Il rejoint le Parti ouvrier internationaliste, la section française de la Quatrième internationale. S’inspirant de l’exemple de Lénine et du Parti bolchevik durant la Première guerre mondiale, la Quatrième internationale refuse l’union sacrée avec la bourgeoisie. Elle appelle la classe ouvrière à se préparer à l’action révolutionnaire en lien avec les travailleurs des autres pays afin d’abattre non seulement le fascisme, mais ce qui l’engendre, le capitalisme, condition indispensable pour une véritable libération. Le POI diffuse le journal clandestin La Vérité et propose le front unique au PCF. À Nantes, il publie clandestinement Front ouvrier, imprimé à Couéron. Le premier numéro proclame : « Il faut que la défaite d’Hitler soit une victoire ouvrière et non la victoire des banquiers anglo-américains ». Ce bulletin paraîtra jusqu’à la fin de la guerre.

Pour échapper au service du travail obligatoire du régime de Vichy qui livre la jeunesse ouvrière à l’économie de guerre nazie, Robert Cruau rejoint Brest en compagnie de deux militants de Rezé, Henri et Georges Berthomé. Là, il mène l’activité du Parti ouvrier internationaliste en direction des travailleurs sous l’uniforme de la Wehrmacht. Il rédige des tracts en allemand et diffuse le journal Arbeiter und Soldat (Travailleur et soldat), organe de l’IKD, la section allemande de la Quatrième internationale, imprimé et rédigé à Paris par Paul Widelin (de son vrai nom Martin Monat, qui sera arrêté et fusillé par la Gestapo en juillet 1944).

Au bout de quelques mois, un petit groupe de soldats allemands rejoint les communistes internationalistes et rédige une feuille Arbeiter im Westen. Ronéoté à Brest elle est diffusée aux soldats et aux marins de la ville. Mais la répression nazie ne va pas tarder. Trahis par un infiltré, tous les jeunes Allemands antifascistes sont fusillés. Arrêté le 6 octobre 1943, Robert Cruau est abattu par la Gestapo en tentant de s’enfuir. Onze autres militants de Bretagne du POI sont déportés dans les camps de concentration nazis. D’autres à Paris connaitront le même sort.

Le NPA, le PS et le Front de gauche souillent sa mémoire avec le drapeau bourgeois impérialiste

A cette époque, le Parti communiste français, qui se drape dans le drapeau tricolore depuis 1934, qui déclenche des actions terroristes après l’attaque contre l’URSS en 1941 (après avoir demandé la reparution légale de L’Humanité aux autorités allemandes en 1940), se vautre dans le chauvinisme avec comme mot d’ordre « À chacun son boche ». Il met ses groupes armés (les FTP) sous l’autorité du général De Gaulle, préparant ainsi la contre-révolution de 1944-45 et sa participation à la reconstruction de l’État bourgeois (et de l’empire colonial).

Le drapeau du POI (SFQI) et de Robert Cruau était rouge. À Nantes, devant la préfecture, un monument dédié aux « 50 otages » (sélectionnés dans le camp de Châteaubriant par un ancien dirigeant de la CGT, Chassagne, fusillés par les nazis en 1941), insulte la mémoire de deux d’entre eux, Marc Bourhis et Pierre Gueguen, puisqu’il y est écrit que leur but était « la patrie ». En plus, pendant 40 ans, le PCF a prétendu qu’ils étaient staliniens et sociaux-patriotes, alors que le premier était membre du POI et que le second avait rompu avec le PCF en 1939, lors du pacte Hitler-Staline, pour se rapprocher du POI.

Dans la même veine, des responsables du PS, du Front de gauche, des Alternatifs et du NPA ont organisé, le 5 octobre 2013, une cérémonie à la mémoire de Robert Cruau, en déposant une gerbe tricolore sur sa tombe et en arborant des drapeaux tricolores, les symboles de ce qu’il combattait.

Réformistes et sociaux-chauvins, bas les pattes devant les communistes internationalistes !