
Après des mois de pressions et d’exactions multiples contre le Venezuela, le gouvernement des États-Unis l’a fait bombarder le 3 janvier, a tué au moins 80 personnes et a fait enlever le président Maduro et son épouse.
Nous allons diriger le pays… Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, d’intervenir, d’investir des milliards de dollars, de réparer les infrastructures gravement endommagées, de partager les infrastructures pétrolières et de commencer à générer des revenus… Nous allons réaffirmer le pouvoir américain d’une manière très puissante dans notre région du monde. (Donald Trump, Conférence de presse, Palm Beach, 3 janvier 2026)
Les États-Unis sont intervenus 42 fois en Amérique latine depuis 1898, sous des présidents du Parti démocrate comme du Parti républicain. Ils menacent aussi Cuba, la Colombie, le Mexique, l’Iran… La « doctrine Monroe » de Trump est équivalente à la tradition de la dynastie des Qing invoquée par Xi ou celle des Romanov vantée par Poutine.
L’Ukraine contemporaine a été entièrement et complètement créée par la Russie communiste, bolchévique. Ce processus a commencé presque immédiatement après la révolution de 1917, et Lénine et ses camarades ont agi de façon vraiment peu délicate avec la Russie. (Vladimir Poutine, Allocution télévisée, Moscou, 21 février 2022)
Je considère les Russes et les Ukrainiens comme un seul peuple. Dans ce sens, toute l’Ukraine est nôtre. (Vladimir Poutine, Allocution au Forum économique international, Saint-Pétersbourg, 20 juin 2025)
La seule différence est que Poutine a moins de moyens et que, quand il invente que l’Ukraine est soumise à un régime nazi, Trump prétend que le Venezuela est géré par un cartel de narcotrafiquants. Le prétexte avait déjà servi à Bush père pour envahir le Panama et enlever son président fin 1989. Pourtant, au début de son second mandat, Trump a gracié l’ex-président du Honduras qui était emprisonné aux États-Unis pour trafic de drogue.
L’argument que Maduro est mal élu ne vaut rien dans la bouche d’un putschiste (qui a envoyé des bandes fascistes à l’assaut du Capitole quand il perdu l’élection présidentielle en 2021) et qui a appuyé un autre putschiste (Bolsonaro au Brésil).

Propos de Trump à propos du Canada : « Pourquoi ne pas rejoindre notre pays ? », du Groenland : « Nous avons absolument besoin du Groenland », du Mexique : « Il va falloir faire quelque chose », de Cuba : « Cuba est sur le point de tomber », de la Colombie : « Qu’il fasse gaffe à son cul »
The Economist, 10 janvier
L’attaque fait partie du repartage du monde en cours et de la préparation par tous les États impérialistes (États-Unis, Chine, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, France, Russie, etc.) d’une nouvelle guerre mondiale. L’arraisonnement de cargos russes, le maintien du blocus de Cuba, l’éviction de la Chine à Panama, la revendication du Groenland, la perspective de rattacher le Canada, font partie des préparations pour renforcer les positions économiques et militaires de la bourgeoisie étatsunienne. Elle vise directement Cuba, qui survit grâce au pétrole vénézuélien, et indirectement le rival impérialiste chinois qui était le plus grand acheteur du pétrole du Venezuela.
Quel que soit sa direction, il faut soutenir un peuple opprimé face à l’épuration ethnique ou un pays dominé face au pillage. La classe ouvrière ne peut rester neutre quand une bourgeoisie surarmée poursuit sa colonisation de la Palestine (Israël), veut décider qui gouverne l’Ukraine et la coloniser (Russie, Etats-Unis), veut décider qui gouverne le Venezuela et piller ses richesses naturelles (États-Unis).
Évidemment, la Chine a « condamné » l’opération, même si elle opprime ses propres minorités nationales et revendique Taïwan sans consulter la population. Les gouvernements de Russie, du Brésil, de Colombie, de Turquie, etc. sont également très « consternés ». Mais aucun d’eux ne fera quoi que ce soit d’efficace pour soutenir le peuple vénézuélien, son droit à l’indépendance et à disposer librement et pacifiquement de ses richesses. Il est donc ridicule et vain de se fier, comme les partis ouvriers bourgeois (Die Linke, LFI, Podemos, PCF, etc.), à son propre gouvernement et à l’ONU qui vient de voter le plan Trump contre Gaza. Il est ridicule comme le font des courants internationaux quasi-pacifistes et réformistes de supplier que « les gouvernements d’Amérique latine et du monde, toutes les forces qui se déclarent démocratiques condamnent les actions pirates et interventionnistes » (LIS, 3 janvier).
La plupart des États bourgeois ont approuvé l’intervention coloniale américaine tout en prêchant la « modération » et la « désescalade ». Et pendant ce temps, le 4 janvier, les gouvernements du Royaume-Uni et de France ont bombardé en Syrie, comme le fait régulièrement Israël et les États-Unis eux-mêmes.
Aux États-Unis, les syndicats et les organisations d’opprimés doivent rompre avec leur gouvernement militariste pour exiger l’arrêt de toutes les immixtions à l’étranger et de la persécution contre les immigrés, organiser l’autodéfense contre l’ICE raciste !
En Iran, en Ukraine, au Venezuela, c’est au peuple travailleur concerné de renverser le gouvernement des exploiteurs locaux, incapables de faire front aux puissances dominatrices et colonisatrices. La libération effective des minorités opprimés (y compris les Noirs des États-Unis), l’indépendance réelle des pays dominés ne peuvent être obtenues, à notre époque, que sous la conduite de la classe ouvrière. Pour cela, il faut à la classe ouvrière un parti ouvrier révolutionnaire.
Au Venezuela, lors de deux crises, le gouvernement bourgeois a décrété la nationalisation des ressources en hydrocarbures (Pérez, 1976) et la nationalisation partielle des sociétés concessionnaires (Chavez, 2007). Bien que le futur RCP de Woods se vautrât aux pieds de Chavez, il n’y a jamais eu de révolution sociale, ni même d’expropriation des groupes capitalistes et des grands propriétaires fonciers.
Les travailleurs des villes, avec leurs syndicats et leurs partis, alliés aux travailleurs des campagnes et aux étudiants, doivent s’opposer à l’impérialisme américain et à toutes les fractions de la bourgeoisie vendue. Ils doivent prendre leur destin en main en utilisant tous les moyens à la disposition de la lutte de la classe ouvrière internationale. Ils ne peuvent placer aucune confiance ni dans l’ONU, ni le PSUV qui les a soumis à une exploitation croissante, qui s’est appuyé sur l’état-major, a empêché l’armement général des masses laborieuses pour leur légitime défense, qui capitule complètement devant Trump.
Nous invitons le gouvernement américain à travailler conjointement à un agenda de coopération. (Delcy Rodriguez, 4 janvier)

Le gouvernement vénézuélien semble avoir remis le pétrole national à Washington, d’après ce qu’ont annoncé le président étasunien le 6 décembre et son ministre de l’énergie le lendemain.
Nous allons mettre sur le marché le brut qui vient du Venezuela. D’abord ce qu’il reste déjà, le pétrole stocké, et puis indéfiniment, à l’avenir, nous vendrons la production sur le marché. (Chris Wright, Allocution à la conférence sur l’énergie de la banque Goldman Sachs, Miami, 7 janvier)
Cela confirme que, à notre époque, les bourgeoisies nationales sont incapables de résister réellement aux agressions impérialistes. Seules les classes exploitées et semi-exploitées peuvent y parvenir, si elles sont menées par une classe ouvrière consciente, ce qui demande un parti révolutionnaire du type du Parti bolchevik.
Partout, pour défaire l’impérialisme et empêcher ses guerres, les travailleurs doivent exiger le front unique de leurs organisations de masse sur les mots d’ordre : Solidarité du mouvement ouvrier international avec le peuple vénézuélien ! Défense de la propriété collective et des conquêtes sociales à Cuba !
Libération de Maduro ! Impérialistes, hors du Venezuela ! Retrait de toutes les forces militaires nord-américaines de la mer des Antilles, d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud ! Fin des blocus de Cuba, du Venezuela, d’Iran ! Autodétermination du Groenland !
Front unique de toutes les organisations ouvrières, des paysans pauvres, étudiantes et jeunes du Venezuela pour contrer l’agression impérialiste ! Assemblées générales dans les entreprises, les administrations, les quartiers, les universités, les villages pour s’armer et désarmer les milices bolivariennes et de l’armée, organiser le contrôle ouvrier et populaire sur l’économie, élire démocratiquement leurs délégués et se centraliser contre le gouvernement bourgeois et collaborationniste de Rodriguez ! Gouvernement ouvrier et paysan ! Pour les États socialistes unis d’Amérique latine !
Internationale ouvrière révolutionnaire qui rassemble l’avant-garde de tous les pays !

