La COP 30 accompagne la marche à la catastrophe climatique

La 30e Conférence des parties (COP 30), la réunion annuelle des pays signataires de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatique, s’est achevée le 23 novembre. C’est un fiasco.

Quelques vagues engagements sans feuille de route, basés sur le « volontariat », des « discussions qui doivent se poursuivre » et autres cataplasmes sur une jambe de bois. Les COP se suivent et se ressemblent. C’est le bal annuel des hypocrites, avec plus de 1 600 lobbyistes des carburants fossiles accrédités. Ainsi, le PDG de TotalEnergies faisait-il partie de la délégation officielle française. Ainsi, de la main gauche, Lula fait mine d’insister pour obtenir un échéancier pour la sortie des énergies fossiles et de la main droite signe la licence d’exploration accordée à Petrobras, la multinationale brésilienne, pour chercher du pétrole dans le bassin de l’Amazone. Ainsi, l’Union européenne a-t-elle présenté ses engagements de 90 % de réduction d’émission de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990, mais les a assortis de nombreuses clauses de révision à la baisse, sans parler de l’utilisation pour les atteindre de crédits carbones à hauteur de 5 %, lesquels sont une vaste fumisterie consistant à acheter tout simplement un droit de continuer à polluer.

Ni les gouvernements des principaux pays impérialistes, ni même ceux des pays moins puissants, mais dont les bourgeoisies tirent l’essentiel de leurs revenus de l’exploitation des énergies fossiles, ni les multinationales qui brassent des milliers de milliards sur le charbon, le pétrole et le gaz, ni les banques qui les financent, n’ont l’intention de faire quoi que ce soit de contraire à leurs intérêts. Les États-Unis, second émetteur mondial des gaz à effet de serre et premier producteur de pétrole, ont même choisi de ne plus s’encombrer de formalités, en n’envoyant pas de délégation officielle au Brésil, en retirant leur signature des accords de Paris de 2017 par laquelle ils s’engageaient à réduire leur émission entre 61 et 66 % d’ici à 2035. Trump a déclaré devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre dernier que le changement climatique était « la plus grande arnaque jamais menée contre le monde », traitant les scientifiques qui travaillent sur le sujet de « personnes stupides ».

Pour rester dans la limite de 1,5°de réchauffement, il faudrait réduire de 43 % les émissions mondiales de CO2 d’ici 2030 par rapport à 2019 et atteindre zéro émission nette en 2050. Mais le rapport publié le 22 septembre par le Stockholm Energy Institute (SEI), Climate Analytics et l’International Institute for Sustainable Development, constate qu’une vingtaine de pays représentant à eux seuls plus de 80 % de la production totale d’énergies fossiles prévoient de produire, d’ici à la fin de la décennie, 120 % de plus que le volume de combustibles fossiles nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5 °C, et 77 % de plus que ce qui serait compatible avec un réchauffement de 2°C. La barre de +1,5°C a été franchie en 2024 et de l’avis de la plupart des scientifiques cette limite est désormais hors d’atteinte.


En réalité, les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter chaque année, même si cette croissance a ralenti. En 2024, l’augmentation a été de 2,3 % par rapport à 2023. Les dix dernières années 2015-2024 ont été les plus chaudes jamais enregistrées. Et la poursuite sur la lancée actuelle conduit à un réchauffement de 2,8°C à l’horizon 2100. Encore cette estimation n’est-elle qu’une moyenne pour toute la planète, ce qui signifie pour certaines zones des températures moyennes bien plus élevées. Par exemple, le gouvernement français dit vouloir se préparer à une température moyenne de + 4°C pour la France métropolitaine. Mais cela impliquerait des canicules extrêmes de l’ordre de 45°C pendant des semaines, voire des mois, une sècheresse épouvantable ponctuée d’épisodes de pluies torrentielles, rendant la vie pratiquement impossible pour des millions de personnes.

Le capitalisme, à fortiori au stade pourrissant de l’impérialisme, est incapable d’imposer l’ensemble des mesures d’urgence nécessaires pour arrêter la marche à la catastrophe climatique. Et il en va ainsi non seulement pour les énergies fossiles, mais aussi pour la déforestation, la production exponentielle des plastiques, les pollutions tous azimuts, etc. L’anarchie de la production et de la surproduction, la course aux profits, la concurrence entre les bourgeoisies et les impérialismes précipitent au contraire les menaces pour toute l’humanité.

C’est plutôt la préparation des affrontements armés qui mobilise l’énergie des bourgeoisies aujourd’hui. Mais cela n’empêche pas que les arguments écologiques soient intégrés comme des armes complémentaires dans la guerre économique. L’UE a instauré un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières qui doit entrer en application en 2026. Cela correspondra à des droits de douane à ses frontières selon la quantité de CO2 émise pour produire ces marchandises importées, qui devraient viser en particulier la Chine, où le charbon continue d’être massivement utilisé, malgré un développement très rapide des énergies renouvelables. La Chine, quant à elle, très offensive dans les domaines des voitures électriques, batteries, panneaux solaires et éoliennes, répète qu’aucun obstacle commercial ne devrait être mis à l’encontre des produits qui contribuent à la transition écologique… Mais la vertu est à géométrie variable. L’UE a exporté en 2024 plus de 120 000 tonnes de pesticides interdits sur son territoire, soit le double des quantités exportées en 2018. Voilà la réalité du capitalisme derrière les discours lénifiants.

L’engagement individuel est bienvenu et nécessaire, mais il est impuissant à résoudre les contradictions qui s’accumulent du fait de la persistance du système capitaliste. Les tentatives d’aménager le capitalisme, de le rendre plus vert sont vouées à l’échec, quand elles ne sont pas un habillage complice du système. Les COP se succèdent et la situation s’aggrave chaque année. La survie de l’impérialisme implique inévitablement la barbarie aussi sur le plan environnemental et climatique. Il n’y a pas d’autre alternative que d’en finir le plus vite possible avec le capitalisme ; que les producteurs, c’est-à-dire les travailleurs, ayant exproprié les pollueurs et abattu les frontières des États qui les abritent, décident eux-mêmes de ce qu’il faut produire, comment et combien, pour respecter et les hommes et l’environnement. C’est une dimension essentielle du combat des communistes internationalistes.

25 novembre 2025