Rapport France (3e conférence du GMI, Paris, 26 & 27 mars 2016)

Le capitalisme est en difficulté, menacé par une nouvelle crise économique, et les vieux impérialismes le sont plus encore, sans être pour autant aux abois.

C’est le cas de la France, dirigée depuis 4 ans par un gouvernement structuré autour du PS et tendu sans ambiguïté vers la satisfaction des intérêts de la classe capitaliste française.

La bourgeoisie française est à la manœuvre

Pour saisir la séquence politique dans laquelle se trouve le capitalisme français, je ferai d’abord le point sur la situation économique et sociale (I), je dégagerai les rapports de classe à travers les luttes ouvrières qui ont eu lieu depuis 18 mois (II) et à travers les élections passées et à venir (III) puis je m’attarderai sur les offensives récentes du gouvernement (IV) et je tâcherai de dégager un certain nombre de perspectives (V).

  1. Situation éco et sociale française

A la fois la situation économique de la bourgeoisie française (I.1) et les conditions matérielles d’existence de la classe ouvrière (I.2).

I.1. Economique

A la fois en termes de situation relative par rapport aux autres impérialismes (I.1.1) et en termes absolus de croissance économique (I.1.2)

I.1.1. Dette, situation / autres impérialismes

La balance des transactions courantes française a quasiment retrouvé l’équilibre sur les douze derniers mois connus jusqu’en septembre. Pas forcément un signe de compétitivité accrue (prix des matières premières, dépréciation de l’euro)

Reste la 1e destination euro des investissements industriels étrangers (7e mondiale)

5e puissance économique du monde, la 2e pour le nombre de groupes mondiaux, la 3e pour le dépôt de brevets…

La France perd des parts de marché. C’est le cas des autres vieux impérialismes mais c’est particulièrement marqué pour la France

Sur les biens et services :

  • F : 6,1 % en 1995 => 3,5 % en 2013
  • All : 9,4 % => 7,4 %
  • Ita : 4,6 % => 2,7 %
  • RU : 4,9 % => 3,6 %

Sur les biens, la France a perdu 3,5 % en part de marché (2,5 zone euro)

Le taux de marge (proche du taux de profit) a chuté de 40 % en 1990 à 29,4 % en 2014 (niveau début 80s)

Ralentissement de la hausse de la productivité horaire du travail, décrochage / EU depuis fin 90s, après l’avoir rattrapée entre 1950 et 1990

Croissance annuelle de la productivité du travail 5,2 % 1951-1974, 3,1 % 1975-85, 2,6 % 1986-2002, 0,7 % 2003-2014

Décrochage en particulier après la crise 2008 / EU (mais dès fin 90s)

Croissance annuelle des gains de productivité du travail de 1,8 % entre 1995 et 2007 à 0,8 % entre 2010 et 2014

Les entreprises n’ont pas ajusté à la baisse leurs effectifs autant que leur production, provoquant mécaniquement une baisse de la productivité du travail => sureffectif 100 000

  • limitation de la capacité à générer de la plus-value relative => baisse du taux de marge => nécessité de polit pro-capital

 

Redressement taux de marge en 2015

Fin 2015, le taux de marge des sociétés non financières (SNF) atteint 31,4 %

  • baisse du prix du pétrole,
  • CICE et réduction des cotisations sociales patronales

Le taux de marge des entreprises privées (sociétés non financières) s’est rapproché de son niveau moyen d’avant-crise (32,7 % entre 1988 et 2007). Au premier semestre 2016, il augmenterait encore, sous l’effet des nouvelles mesures d’allégement du coût du travail et de la récente baisse du prix du pétrole : mi-2016, le taux de marge s’établirait à 32,5.%, ce qui serait son plus haut niveau depuis fin 2008.

 

I.1.2. Croissance, emploi

Croissance 1,1% 2015, + haut depuis 4 ans (mais inférieur à zone euro, 1,5 %), lié à

  • baisse du prix des matières premières
  • dépréciation de l’euro par rapport au dolalr.
  • politique expansionniste de la BCE.

NB CAC40 +8,53 %

Début 2016, la croissance française s’élèverait un peu (prévision 1,3 à 1,5 %). Au total, le PIB accélérerait légèrement (+0,4 % par trimestre) au premier semestre 2016. Le ralentissement de la production manufacturière serait en effet compensé par le redémarrage de l’activité dans les branches pénalisées par la faiblesse de la consommation fin 2015 (énergie, commerce, hébergement-restauration et transport aérien).

Baisse de la FBCF (investissement) de 0,2 % en 2015 (surtout en raison de la baisse de l’investissement des administrations publiques et des ménages) mais +1,3 % investissement des entreprises.

En février 2016, le taux d’inflation est redevenu négative : du fait de sa composante énergétique, l’indice des prix à la consommation a baissé de 0,2 % sur un an

Danger de la déflation pour la croissance économique

 

I.2 Sociale

Chômage (I.2.1), conditions de travail (I.2.2), pauvreté (I.2.3)

I.2.1. Chômage

300 000 chômeurs de plus, toutes catégories confondues, entre décembre 2014 et décembre 2015

Le nombre des demandeurs d’emploi a diminué de 0,8% en janvier (27.900 chômeurs de moins) en catégorie « A », surtout en raison d’une forte hausse des radiations. Au total, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C est de 5 459 700 fin janvier 2016, un chiffre en baisse de 0,3 % sur un mois, soit une baisse des inscrits de 18 300 personnes.

Dares rappelle qu’en janvier 2016, le nombre de sorties des catégories A, B et C pour cessation d’inscription suite à un défaut d’actualisation a « enregistré un rebond inhabituellement fort

I.2.2. Conditions de travail

En 2014, le taux de temps partiel est de 19%, contre moins de 10% il y a 30 ans. Il concerne 31% des femmes et 8% des hommes. Dans une forte proportion (43%) non choisi

La proportion de personnes concernées par des horaires atypiques a légèrement progressé en un an. 1 actif sur 4 a travaillé le soir au moins une fois au cours du mois précédant l’enquête menée en 2014, 1 sur 10 la nuit, 4 sur 10 le samedi, 2 sur 10 le dimanche.

85 % des embauches se font en CDD (flux) mais 80 % des emplois sont des CDI (stock)

I.2.3 Pauvreté

Taux de pauvreté 14 % (13 % en 2008). La pauvreté frappe avant tout les jeunes (19 % des moins de 30 ans), et davantage les femmes (14,3 % contre 13,6 % pour les hommes).

Les 1 ou 2 % les plus riches, se sont envolés dans les années 1990, 10 à 20 fois plus vite que les autres.

Mais avant 2008 les inégalités se creusaient avec stabilité ou légère hausse du niveau de vie des plus pauvres. Aujourd’hui, le niveau de vie des 60 à 70 % des plus pauvres stagne ou diminue pour les plus pauvres. Et plus on descend dans l’échelle sociale, plus la dégradation est importante.

2015 : l’espérance de vie à la naissance diminue, de 0,4 an pour les femmes et de 0,3 an pour les hommes. En 2015, une femme peut espérer vivre 85 ans et un homme 78,9 ans. Un recul historique depuis 1969

 

RSA

Accroissement du nombre de bénéficiaires : +44 % entre 2009 et 2014. Alors que les départements font face à des dépenses sociales galopantes, l’État réduit ses dotations

Les départements ont de plus en plus de mal à assurer le versement des allocations individuelles de solidarité (AIS) qui regroupent le RSA, la prestation de compensation du handicap (PCH) et l’allocation personnelle d’autonomie (APA).

 

La bourgeoisie est à l’offensive mais la classe ouvrière a résisté depuis 2014

 

II. Bilan depuis quatre ans

Patronat

Dizaines de milliards offerts au patronat ￿ baisse W différé

CICE : 40 milliards sur 3 ans (dont 12 pour 2015).

Plus forte exonération de cotisations patronales depuis 1945.

Michelin : 18 millions € de CICE, profits + 12% : 494 suppressions de postes.

Air France : 100 millions d’€ de CICE en 2 ans = 3000 emplois supprimés.

- 6,3 milliards pour la protection sociale.

Le bouclier fiscal de Hollande : 730M€ pour 7 630 contribuables aisés.

Maintien du Crédit Impôt Recherche (5,5 Mds€/an).

En 2015, le gouvernement a versé 23,5 milliards d’euros d’aides aux entreprises, dont 17 milliards au titre du CICE, 5,5 milliards au titres des allégements de cotisations patronales sur les bas salaires entre 1 et 1,3 Smic et un milliard au titre de la suppression de la cotisation sociale de solidarité des sociétés (C3S) pour les entreprisses concernées avec le plus petit chiffre d’affaires.

Transformer CICE en baisse des cotis = souhait du patronat le président a confirmé que le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) sera transformé en baisses pérennes de cotisations sociales patronales, et ce, « le plus tôt possible » (La Tribune, 18 janvier).

Le 1er avril, les entreprises vont bénéficier de 3,5 milliards de nouveaux allégements de cotisations patronales (sur les cotisations « Famille ») qui vont concerner les salaires entre 1,6 et 3,5 Smic.

Suppressions de postes

EDF : suppression de 4.000 postes en trois ans.

Hôpitaux : suppression de 22.000 postes en 3 ans.

Suppression de centaines de postes de contrôleurs fiscaux.

Paradis fiscaux

Îles Vierges, Montserrat, Bermudes et Jersey sortis de la liste des paradis fiscaux.

Pas d’interdiction des paradis fiscaux pour les banques françaises.

Fraude aux cotisations sociales (25Mds/an) : aucune annonce.

900 millions d’euros de réduction d’impôts pour les plus riches.

Fraude fiscale estimée à 60-80 milliards € par an / 3173 suppr° emploi prévues Dir générale fin pub (32 000 depuis 2002) 12 milliards manque à gagner en TVA

 

Travailleurs

Criminalisation de l’action syndicale :

Prison ferme pour 8 ex-Goodyear malgré le retrait des plaintes.

Arrestation à l’aube de 4 syndicalistes d’Air France.

Répression pour la Confédération Paysanne, mansuétude pour la FNSEA.

Loi Rebsamen :

CDD renouvelable 2 fois.

Fragilisation des CE & CHSCT.

Fin de l’obligation de reclassement en cas d’inaptitude professionnelle.

Création du CDI intermittent.

Fragilise l’Inspection du Travail.

Loi Macron :

Facilitation licenciements

Plus d’impunité pour les patrons (moindre accès aux prud’hommes)

Plus de flexibilité travail dimanche élargi

Affaiblissement du service public transport (Sncf) au profit bus

 

Accord national interprofessionnel

 

Suppression des élections prud’hommales.

Renforcement du contrôle des chômeurs.

 

Durée de cotisation retraite portée à 43 ans.

Pas de « coup de pouce » pour le SMIC.

Retraites : Revalorisation de… 0,1% en 2015.

Gel des retraites >1200€ et décalage de 6 mois de la revalorisation.

Hausse de l’allocation handicapés de 7€.

Prime exceptionnelle (sic) de 40€ pour les retraites les plus faibles.

Le taux du Livret A passe pour la 1ère fois sous la barre de 1% (0,75%).

Hausse de la TVA de 19,6 à 20% et de 7 à 10%.

 

Libertés démocratiques

Contrôles de police : abandon de l’idée de récépissé.

État d’urgence étendu à 6 mois avec projet d’inscription dans la Constitution.

Surveillance massive avec loi renseignement

Vente d’armes et remise de légion d’honneur à l’Arabie saoudite

Refus du droit d’asile pour Assange et Snowden.

Interdiction de survol de l’espace aérien pour le président Evo Morales.

Illégalité du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions.

Mort de Rémi Fraisse

Roms évacués de force de leurs campements en 2015.

Dizaines de milliers d’expulsions annuelles

Renoncement au droit de vote des étrangers.

 

 

Enseignement

Loi Fioraso (LRU 2) Universités mises en concurrence.

Réforme du collège :

Autonomie pour 20% des horaires disciplinaires.

Mise en concurrence des établissements.

Baisse des moyens.

 

A chaque fois les directions syndicales ont été associées, avec la particip° aux conf sociales

 

  1. Luttes depuis 18 mois

2014-2015 AP-HP contre déstructuration / privatisations, contre le plan santé de Touraine

Fin 2014 Universités contre LRU et prolongements

2014-2016 Air France contre suppressions d’emplois / Temps de travail à Airbus

2015 Radio France (printemps)

2016 Statut des cheminots

2014-2016 Fonctionnaires : pps journées d’action

2016 Loi travail

 

Restent isolées par les directions. Loi travail est emblématique

 

  1. Elections passées et à venir

Les élections sont un autre moyen d’apprécier les rapports de classe

IV.1. Régionales

Sanction au parti gouvernant

Noter désistement PS Nord et Sud-est

IV.2. Présidentielle

Manœuvre de la primaire de gauche et des écologistes avec appui PCF, EELV, Ensemble

~ front populaire de couverture / pression PS

La critique faite à Hollande ne porte pas sur le contenu de sa politique mais sur le fait qu’il le fasse trop ouvertement, ce qui ouvre un espace sur sa G et l’affaiblit

Le PdG s’oppose. Cf désaccords PdG-PCF

Mélenchon propose sa candidature

«Cette annonce n’a été ni discutée ni décidée dans le cadre du Front de gauche», a regretté, le porte-parole du Parti communiste français, Olivier Dartigolles.

Puis LO et NPA

 

  1. Offensives du gouvernement (présentes et à venir)

Contre les libertés démocratiques (V.1) et contre la valeur de la force L (V.2)

V.1. Contre les libertés démocratiques

Etat d’urgence (V.1.1), syndicalistes (V.1.2), étrangers (V.1.3)

V.1.1. Etat d’urgence / Déchéance nationalité

Attentats Charlie et Bataclan (+ bruxelles)

Etat d’urgence

2 mesures centrales : Perquisitions administratives (arbitraires) + Assignations à résidence

+ interdiction manif + fermeture salles spectacle… + interdiction réunions +… (arrêté préfet)

Permet au gouvernement d’interdire à volonté les manifestations d’opposants à sa politique ; entretient un climat de crainte et de suspicion permanente qui divise les travailleurs ; stigmatise les étrangers…

Attribuer des pouvoirs supplémentaires aux préfets et aux procureurs, les juges d’instruction indépendants étant contournés. Dans les grandes lignes, les perquisitions de nuit des domiciles seront facilitées, ainsi que les contrôles d’identité et les fouilles.

Une mesure de retenue pendant quatre heures d’une personne ayant ses papiers mais « dont le comportement paraîtrait lié à des activités terroristes », afin de vérifier sa situation, sera instaurée. Dans le même ordre d’idées, un contrôle administratif des « personnes qui se sont rendues ou ont manifesté l’intention de se rendre sur des théâtres d’opération terroristes », à leur retour, sera mis en place.

16/2 3 379 perquisitions administratives menées depuis le 14 novembre ont permis de saisir 560 armes dont 42 armes de guerre, et ont conduit au placement en garde à vue de 341 personnes et à l’ouverture de 571 procédures judiciaires. Dans le même temps, 407 assignations à résidence ont été prononcées et 303 sont toujours en vigueur, selon le communiqué du Conseil des ministres. 1 mise en examen pour terrorisme. Quatre enquêtes préliminaires sont menées pour des infractions liées au terrorisme et 23 procédures judiciaires/enquêtes pour le motif d’ « apologie du terrorisme ».

Un frémissement contre l’état d’urgence mais aussi un enfumage, au même titre que les députés PCF ont voté pour l’état d’urgence mais pas pour sa prolongation

Des appels, des réunions publiques organisées par diverses associations (professionnelles ou pas), syndicats, des manifestations (20 000 à Paris le 30 janvier + 70 villes)

Dérives nombreuses : Amnesty International. Dans un rapport consacré à « l’impact disproportionné de l’état d’urgence », l’ONG relève une série d’exemples illustrant les « violations des droits humains » constatées depuis son instauration dans la nuit du 13 au 14 novembre. « Des pouvoirs exécutifs étendus, assortis de très peu de contrôles sur leur application, ont causé toute une série de violations des droits humains »

Certaines assignations à résidence ont été annulées

 

= effrayer le mouvement ouvrier

2 points renouvellement / constitutionnalisation

Le renouvellement de l’état d’urgence avait été envisagé dès le jeudi 26 novembre par Bernard Cazeneuve Début janvier, les députés PS prétendaient à 80 % être contre le prolongement de l’état d’urgence

Finalement projet de loi adopté le 3/2 pour prolongement le 26/2 jusqu’au 26/5

Pour laconstitutionnalisation pas gagné

 

Déchéance nationalité

Recul / droit international. La dernière fois en février 1940. Les partis bourgeois n’osent pas

Le FN applaudit : Marine Le Pen estimait que l’extension de la déchéance de la nationalité était « le premier effet des 6,8 millions de voix pour le Front national aux élections régionales » et que Florian Philippot exultait : « François Hollande a été touché par la grâce ! »

L’indignité nationale (défendue / A. Hidalgo) n’est pas une alternative. Elle a été appliquée aux partisans de la Commune de Paris

Sarkozy, en veut plus, il pose ses conditions pour que LR vote la réforme constitutionnelle. Il exige notamment que la possibilité de déchéance de la nationalité concerne non seulement les personnes reconnues coupables d’un crime relevant du terrorisme, mais aussi celles qui ne seraient coupables que d’un simple délit. Valls malheureusement vient de répondre positivement à cette demande de la droite.

64 députés PS ont signé des amendements pour supprimer déchéance nationalité + conseil fédéral PS 92 unanimité + Indre-et-Loire

Constitutionnalisation

Adopté à l’AN mais passage au Sénat plus compliqué :

  • Constitutionnalisation consensus, voté par le Sénat
  • Déchéance ques° Sénat ne veut pas d’apatrides

Le gouvernement est moins à l’aise, pas sûr qu’il puisse aller jusqu’au bout.

Tous les députés FdG (PCF et Ensemble) avaient voté la prolongation de 3 mois de l’état d’urgence en novembre, 1 seul a voté en février

+ loi espionnage

V.1.2. Criminalisation des syndicalistes

Janvier 2014 : Détention (sans violence physique) cadres Goodyear + occupation usine

8 anciens salariés condamnés à 24 mois de prison dont 9 ferme ~ parquet (un an ferme)

La direction Goodyear et les cadres de l’usine avaient pourtant retiré leur plainte

Le gouvernement à la manœuvre. Payent pour Air France

= le même gouvernement qui soutient le patronat d’Air France, qui bombarde la Syrie, qui met en œuvre l’état d’urgence, qui évacue nddl, qui couvre la mort de Rémy Fraisse… qui est doux avec les riches (pas de lutte sérieuse contre la fraude fiscale), dur avec les pauvres (syndicalistes condamnés, pas Cahuzac)

Emblématique de l’accélération des condamnations de syndicalistes

 

V.1.3. Attaques contre étrangers

  • Expulsions

17 000 reconduites à la frontière (éloignements forcés) en 2015 (15 000 en 2014, 12 000 en 2011)

Solde migratoire de la France tjrs positif mais diminue (+33 000 en 2013 c. +122 000 en 2006)

La France est 80e mondiale (sur 233) en part de migrants

L’État se pourvoit en cassation après avoir été condamné pour cinq contrôles au faciès => mémoire qui valide le principe même du contrôle au faciès, à l’encontre d’une jurisprudence nationale et internationale constante sur le sujet.

Difficulté croissante pour accéder aux préfectures du fait de la dématérialisation des demandes/renouvellements de titres de séjour

  • Réfugiés

Juge des référés estime qu’il a été  « porté une atteinte grave et manifestement illégale » au droit de la population du camp « à ne pas subir de traitements inhumains et dégradants » 

Parqués dans des camps. Calais est emblématique.

Manifestants jugés en comparution immédiate :

Alliance objective CRS / groupuscules fascistes

Evacuation violente par les CRS de la jungle

Rétablissement des frontières + Expulsion en Turquie

 

Les travailleurs étrangers sont la fraction la plus exploitée du prolétariat, et + encore ceux qui n’ont pas de papiers

V.2. Contre la valeur de la force de travail (chômeurs, droit du travail)

Contre les travailleurs employés (IV.3.2) et contre les travailleurs sans emploi (IV.3.1)

V.2.1. Contre les allocations chômage = salaire différé

Il y a eu 300 000 chômeurs de plus, toutes catégories confondues, entre décembre 2014 et décembre 2015, dont plus de 90 000 chômeurs de catégorie A (+2,6 %).

Négociations de la future convention à partir du 22 février

Rapport de la Cour des comptes en janvier, pour une baisse des allocations chômage et une réduction de la durée d’indemnisation

Proposition de baisse du taux (de 1 point et de 1 jour à 0,9 jour), de retard de déclenchement de la durée d’indemnisation (de 50 à 55 ans) et de hausse des cotisations

Proposition de dégressivité des allocations (comme en Espagne, Belgique, Portugal et en France 1992-2001) Or, en 2014, la durée moyenne d’indemnisation était de onze mois. Et seuls 44% des allocataires sortant de l’indemnisation sont arrivés à la fin de leur droit. En outre, 69% des allocataires ont été indemnisés moins d’un an

Propositions reprises par Le Guen

INSEE : la dégressivité des allocations chômage appliquée de 1992 à 2001 avait eu pour effet « de ralentir le retour à l’emploi ».

« je leur fais confiance pour aboutir à la signature d’une nouvelle convention sur ces bases » Hollande, La Tribune, 22/1

 

V.2.2. Contre le droit du travail

Propositions du patronat 11/1 :

  • « un contrat de travail agile », prévoyant EXISTE DEJA LE CONTRAT DE MISSION POUR INGENIEURS ET CADRES MAIS AUSSI DES CDD…
  • un plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif et des motifs de rupture liés à la situation de l’entreprise ou « à la réalisation d’un projet » ; DEJA LOI MACRON 2015 MAIS CENSURE / CONSEIL CONSTITUTIONNEL ET PREVU DANS AVANT-PROJET DE LOI SUR L’EMPLOI (15 MOIS DE W MAX)
  • une exonération totale de cotisations patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les TPE ; DEJA PREVU

Rapport Badinter (remis le 25/1) pour dégager des principes (rapprocher le droit du travail du droit civil)

Art 1er « Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise »

Avant-projet de loi El Khomri

Sera présentée dans moins de 3 semaines en conseil des min.

Pour lequel les directions syndicales ont été consultées depuis des mois, mais s’indignent quand même :

  • CFDT : texte déséquilibré
  • FO : « tsunami libéral »,
  • CGT : une loi du « XIXe siècle ». 
  • Solidaires : le code du travail est passé « à la broyeuse 

« Nous voulons faire avancer le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits réels et rendre les entreprises plus compétitives. » El Khomri 18 février

« la primauté de l’accordd’entreprise en matière de durée du travail devient le principe de droit commun », selon l’exposé des motifs consulté par l’AFP.

Le texte maintient, en effet, la majoration minimum de 10 % pour la rémunération des heures supplémentaires, mais les branches n’auront plus le pouvoir d’empêcher les entreprises de descendre sous le seuil de 25 %, comme c’est le cas actuellement.

La durée quotidienne du travail effectif par salarié ne peut excéder dix heures. Jusqu’ici, il faut une autorisation selon des conditions déterminées par décret pour dépasser ce temps. A l’avenir, un accord de branche ou d’entreprise pourra prévoir un dépassement jusqu’à douze heures.

Les apprentis de moins de 18 ans pourront travailler au-delà des 8 heures actuelles jusqu’à 10 heures par jour et 40 heures par semaine.

La durée maximale d’une semaine de travail serait portée à… 60 heures « pour des circonstances exceptionnelles, sous réserve d’accord de l’inspection du travail

Les entreprises pourront également, par accord, moduler le temps de travail sur l’année et au-delà d’une année. Sur une période de seize semaines, la durée hebdomadaire de travail pourrait aller jusqu’à quarante-quatre heures, voire quarante-six en cas d’accord.

Les indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse seraient plafonnées à quinze mois – soit la moitié environ du maximum actuellement versé

Les accords devront être majoritaires : les syndicats signataires devront représenter 50 % des salariés. Mais lorsqu’un accord a recueilli l’aval de syndicats représentant « au moins 30 % », ces organisations pourront demander une « consultation des salariés visant à valider l’accord [referendum] ». Ces accords devraient prévaloir sur le contrat de travail et en cas de refus, le salarié serait licencié pour motif personnel.

Accords de maintien dans l’emploi, qui permettent de revoir pour un temps déterminé le temps de travail et les salaires (c’est-à-dire augmenter le premier et baisser les seconds), est élargi « en vue de la préservation ou du développement de l’emploi ». Ils s’imposeront au contrat de travail. Si les salariés refusent, l’employeur pourra les licencier pour « cause réelle et sérieuse

 

Lutte en cours : acharnement des directions syndicales à empêcher la grève générale en espérant l’essoufflement du mouvement par des journées d’actions éparses et séparées entre étudiants et salariés

Intersyndicale pas pour le retrait

Report de la présentation de 2 semaines

Semblant de division syndicale retrait / pas retrait

Manifestation massive le 9 mars, étudiants le 17 mars (+ nombreux que le 9), puis le 24 mars (- nombreux)

Eparpillé : tactique des journées d’action

La direction Cfdt (avec Cgc, Cftc, Unsa, Fidl) lâche en premier (pas des réformistes juste une position spécifique) lorsque le gouvernement propose des ajustements assez mineurs (aux côtés d’une fraction – aubryste – du PS, démission d’un conseiller d’El Khomri)

Les directions Cgt, FO, Unef, Solidaires jouent l’essoufflement jusqu’au 31

Acharnement pour le 31 et faire passer la loi

Le gouvernement bouge le 14/3

  • Indemnité prud’ bahrème indicatif
  • Apprentis
  • Fractionnement temps de repose
  • Congés décès

= cfdt

 

Violences policières contre les étudiants Paris, Lyon, Strasbourg, Marseille

 

 

  1. Mots d’ordre / Revendications transitoires

  • Fin de l’état d’urgence !

 

  • Aucune sanction pour nos camarades de Goodyear et d’Air France ! Aucune sanction contre des travailleurs qui défendent leurs droits

 

  • Boycott de la négociation de la convention d’assurance-chômage !
  • Grève générale ! retrait du projet de loi El Khomri !
  • Interdiction des licenciements ! Diminution du temps de travail et embauche des chômeurs ! Échelle mobile des salaires et des heures de travail !

 

  • Arrêt des interventions impérialistes !
  • Libre entrée des réfugiés ! Libre circulation de tous les travailleurs !

Pour appliquer ces mesures transitoires il faut un gouvernement ouvrier qui puisse organiser la transition vers le socialisme, pas un gvt PS-PCF. Un gouvernement ouvrier n’est pas une combinaison parlementaire (Trotsky, Le gouvernement ouvrier en France, 1922)

Le mot d’ordre du gouvernement ouvrier en France n’est pas un mot d’ordre de combinaisons parlementaires : c’est le mot d’ordre d’un mouvement massif du prolétariat, se libérant complètement des combinaisons parlementaires avec la bourgeoisie, s’opposant lui-même à la bourgeoisie et opposant l’idée de son propre gouvernement à toutes les combinaisons gouvernementales bourgeoises.

La voie vers un gvt ouvrier, vers la révolution socialiste ne passe par une pression sur les députés PS, ni sur ceux du PCF ou du PdG ou sur les débris bourgeois du mini-FP qu’est le FdG

Pour cela il faut s’organiser en construisant un parti révolutionnaire