GMI à VdT sur une réunion commune


Groupe marxiste internationaliste

section français du Collectif révolution permanente

Date : 14 décembre 2014
Pour : Voix des travailleurs
Objet : réunion commune des militants de VdT et du GMI

Il n’y a rien de pire que la stagnation de petits groupes proches les uns des autres. Ils peuvent rester assis et stagner ainsi pendant des années. Le conservatisme des petits groupes est solide. Il est particulièrement ancré en France. (Léon Trotsky, Lettre à Klarine, 1929)

Chers camarades,

Nous avons bien reçu le courrier du 18 novembre 2014 signé Robert Paris.

Nous ne pouvons pas nous inscrire dans votre méthode relationnelle consistant systématiquement à souhaiter que nous signions des déclarations communes quand cela est possible.

Le 4 juin, le même camarade, au nom de VdT, affirma pourtant :

Nous retenons positivement votre proposition de discuter de la question de l’Ukraine en vue d’une convergence sur cette question cruciale de la situation actuelle.

S’il y a convergence sur « les questions cruciales » (qui sont, par nature, internationales), par quoi se traduisent-elles, depuis 1847, sinon par l’adoption de « déclarations communes quand cela est possible »  ?

  • La 1e Internationale ouvrière a été fondée par diverses forces britanniques et françaises à partir d’un accord sur la dénonciation de l’exploitation et des crises économiques internationales, le soutien des luttes ouvrières de tous les pays, ainsi que sur la guerre civile aux États-Unis et sur l’insurrection polonaise de 1863 : Adresse inaugurale, Statuts provisoires, septembre 1864.
  • La 2e Internationale est née d’un accord de groupes et partis socialistes de 23 pays européens pour l’action politique indépendante de la classe ouvrière, en particulier la journée de 8 heures, l’appel à une journée de lutte le 1er mai, et l’abolition des armées permanentes : Résolutions du congrès international socialiste, juillet 1889.
  • La Gauche de Zimmerwald se rassemble à partir d’un parti russe, d’une petite organisation polonaise, de deux petits groupes allemands, d’une tendance des partis suédois et norvégien, d’une poignée de militants suisses rassemblés sur la condamnation de la guerre impérialiste et du social impérialisme, la répudiation de toute union sacrée, la nécessité d’y opposer non la paix mais la révolution socialiste contre son propre gouvernement : Projet de résolution sur la guerre mondiale et les tâches de la sociale-démocratie, Projet de manifeste, septembre 1915.
  • Le congrès fondateur de la 3e Internationale est appelé par plusieurs partis et groupes communistes d’Europe et d’Amérique sur la base d’un accord pour condamner la trahison des principaux partis socialistes, pour détruire l’appareil d’État et armer le prolétariat, pour la dictature du prolétariat, pour la création d’une internationale communiste délimitée du social impérialisme et du centrisme : Lettre d’invitation à la conférence, janvier 1919.
  • L’Opposition de gauche internationale est proclamée par différents fractions des partis communistes d’URSS, d’Europe et d’Amérique, unies pour dénoncer la crise capitaliste mondiale, le manque de démocratie dans l’IC, le prétendu socialisme dans un seul pays, pour rendre le PCC indépendant de toute la bourgeoisie nationale chinoise, pour séparer les bolcheviks-léninistes non seulement des staliniens, mais des boukhariniens (Opposition de droite), des organisations centristes et des anarcho-syndicalistes  : Appel aux prolétaires du monde, 1930.
  • La nécessité d’une nouvelle internationale est proclamée ensemble par l’OGI, une organisation allemande et deux organisations néerlandaises sur la base de la nécessité impérieuse de l’internationalisme et d’une internationale ouvrière révolutionnaire, la condamnation du socialisme dans un seul pays et de la politique de la 3e Internationale face au fascisme en Allemagne, la défense de l’État ouvrier contre l’impérialisme et contre la bureaucratie de l’URSS : Déclaration des quatre sur la nécessité et les principes d’une nouvelle internationale, septembre 1933.
  • La 4e Internationale est proclamée sur l’accord pour défendre le programme de l’IC du temps de Lénine, pour rejeter les fronts populaires, pour renverser la bureaucratie en l’URSS par la révolution politique, pour mener la révolution prolétarienne y compris dans les pays dominés, pour combattre dans le mouvement ouvrier la sociale-démocratie, le stalinisme, le centrisme et l’anarchisme : Manifeste aux travailleurs du monde entier, L’Agonie du capitalisme et les tâches de la 4e Internationale, septembre 1938.

Tous ces exemples montrent que les textes communs servent eux-mêmes à préparer, « quand cela est possible », le regroupement des forces en accord sur « les questions cruciales ».

La destruction ultérieure de la 4e Internationale et l’usurpation de la référence au « trotskysme » par plusieurs courants internationaux opportunistes (dont les franchises étrangères de LO) rendent plus difficile, mais pas moins nécessaire, de reprendre le travail d’organisation des communistes de tous les pays. Le CoReP, à son échelle, a tenté de le faire en juillet avec la déclaration internationale sur la Palestine signée de six groupes. Le GMI a tenté de le faire, à son échelle, en invitant à sa conférence d’octobre plusieurs groupes français et étrangers.

Nous avons regretté l’annulation à la dernière minute de votre délégation à cette conférence (sous des prétextes que nous avons réfutés dans une lettre séparée) car de tels procédés ne permettent pas d’avancer dans la voie de l’examen des positions et de la construction de l’organisation révolutionnaire.

Pour les mêmes raisons, nous recevons avec satisfaction l’acceptation de notre proposition du 10 septembre de tenir une réunion commune des militants de notre groupe et du vôtre.

Nous verrions plutôt comme démarche une réunion sur le caractère de la crise actuelle du capitalisme, une AG sur les luttes sociales et les politiques syndicales des révolutionnaires, ou un stage sur les syndicats et le front unique, par exemple.

Comme les problèmes de tactique nationale (l’activité dans les syndicats du pays et les initiatives de front unique en France, dont la possibilité serait réduite, même en cas de fusion de VdT et du GMI) ne sont pas des questions internationales cruciales, il nous semble opportun de commencer par un des thèmes que suggère le camarade Paris en y ajoutant une question internationale qui reste déterminante. Cela donnerait :

  1. la crise historique du capitalisme mondial et ses conséquences stratégiques pour le mouvement ouvrier,
  2. la question de la Palestine.

Si vous êtes d’accord, cela pourrait avoir lieu en février, pour avoir le temps de préparer politiquement et pratiquement (la majorité des militants du GMI devant se déplacer, quel que soit la ville retenue).

Ensuite, nous pourrions poursuivre, si cette étape est concluante, sur deux autres thèmes : l’Europe et l’Ukraine ; puis aborder, lors d’une troisième réunion, l’examen de la situation française et du programme requis (incluant l’intervention dans les syndicats) pour jeter les fondements solides d’une organisation commune à l’échelle internationale et locale.

Nous ne faisons pas de ces suggestions un préalable, étant sûr que la réunion conjointe des militants communistes créera une dynamique positive.

Avec nos salutations internationalistes,

Direction nationale du GMI