L’impérialisme allemand s’affirme au détriment des travailleurs

Sa défaite de 1945 met la bourgeoisie allemande à genoux

Le 3e Reich échoue face à la résistance des peuples de l’URSS et à la supériorité économique et militaire de l’impérialisme américain.

La tentative des États-Unis de s’en prendre à l’URSS en 1947 conduit en riposte la bureaucratie de l’URSS à exproprier le capital et la grande propriété foncière dans l’Europe centrale et orientale qui est sous son contrôle militaire. L’Allemagne est divisée pour plus de 40 ans.

Avec la « guerre froide », la bourgeoisie est remise en selle par le gouvernement américain, elle retrouve un État et une armée. La République fédérale adhère à l’OTAN en 1955 (dirigée par les États-Unis) et lance avec la France le « marché commun » en 1957 (qui deviendra l’Union européenne en 1992). Un État ouvrier dégénéré, la RDA, s’oppose à partir de 1949 à la RFA capitaliste. Au nom du socialisme, la bureaucratie stalinienne emprisonne en 1961 la population par le « mur de Berlin » qui fait plus pour justifier le capitalisme que tous les politiciens, journalistes, économistes et prêtres bourgeois. Elle rejette ainsi les travailleurs de la RFA dans les bras du SPD.

Le prolétariat de la partie Est tente héroïquement d’arracher le pouvoir à la bureaucratie totalitaire en 1953 et de prendre la voie du socialisme [voir Révolution communiste n° 2]. Mais il est dépourvu de parti, par la répression de la police politique russe et aussi par l’implosion de la 4e Internationale car sa direction révisionniste (Pablo & Mandel) confère au stalinisme un rôle révolutionnaire. La révolution ouvrière allemande est écrasée par l’armée de l’URSS avec le soutien tacite de la RFA, de la France et des États-Unis.

La réunification et son coût

Le 3 octobre 1990, sous la pression du mouvement de la population de la RDA dont la direction était prise par les Églises chrétiennes, la réunification de l’Allemagne était réalisée par l’intégration de la partie Est à la partie Ouest, dans le cadre et au bénéfice de l’État capitaliste allemand. Les travailleurs de l’est subirent de nouveau le chômage, virent disparaître nombre de services publics, augmenter les loyers…

La dépense publique allemande brute est passée de 36 % du PIB en 1991 à 60,2 % du PIB en 1995, la dette publique se creusa si bien que l’Allemagne ne remplit pas en 1999 toutes les conditions du traité de Maastricht.

Malgré son coût immédiat pour la bourgeoisie, à terme, la réunification a été une très bonne affaire. Elle a vu grandir son territoire, sa population, son appareil productif rénové, s’ouvrir à nouveau les pays voisins d’Europe centrale et orientale qui vont fournir des débouchés à ses marchandises et un champ élargi à son capital. Les fleurons industriels comme Skoda deviennent des filiales des groupes allemands et des filiales nouvelles vont bénéficier du bas coût de la main d’oeuvre.

En 1991, le gouvernement Kohl, pour rembourser ses emprunts, augmenta les prélèvements, surtout ceux subis par les travailleurs : « impôt de solidarité » (7,5 % de l’impôt sur le revenu), augmentation de 1 % de la TVA, augmentation des cotisations pour le chômage de 2,5 %, taxes sur les produits pétroliers, le tabac, l’assurance…

Pour la première fois depuis 1945, l’armée allemande intervient à l’extérieur de ses frontières. Une première brèche dans la tradition de « retenue militaire » observée est ouverte en 1993 avec l’envoi de troupes en Somalie, dans le cadre de l’ONU.

En 1998, la CDU-CSU perdit les élections au profit d’une coalition SPD – Die Grünen (le parti écologiste) menée par Gerhard Schröder.

La politique menée par la sociale-démocratie allemande alliée aux Verts en défense du capitalisme allemand

Ce gouvernement va étendre les opérations militaires extérieures dans les Balkans et conduire pendant deux mandats de 1998 à 2005, une politique d’attaques tout azimut contre la classe ouvrière allemande. L’aviation allemande participe aux opérations de l’OTAN en Bosnie en 1995, l’armée intervient au sol en Bosnie en 1996 et au Kosovo en 1999.

La première attaque engagée dès 2001 est la « réforme des retraites » Riester qui instaure la baisse sensible des futures pensions du régime général, Les suivantes conduisent à l’augmentation de l’âge de départ à la retraite à 67 ans à l’horizon 2029 et un taux de remplacement passant de 48 % du salaire antérieur en 2003 à 40 % en 2030.

Le niveau des prélèvements obligatoires est ramené de 43 % du PIB en 99 à 40,4 % en 2002 par des allègements d’impôts pour les ménages riches (baisse du taux marginal de 53 à 45 % en 2005) ainsi que pour les entreprises et les « revenus du capital » (40 à 25 % en 2001).

Avec son second mandat, Schröder poursuit à partir de 2003 : baisse des prestations sociales de 17,9 % du PIB en 1997 à 15,4 % en 2006, suppression de 300 000 postes de fonctionnaires (-6,9 %, dont les deux-tiers dans les communes qui ont perdu en 6 ans plus de 13 % de leurs effectifs). Cela signifie fermeture des centres sociaux, maisons de la culture, piscines, bibliothèques qui viennent s’ajouter à la pénurie, historique dans la partie Ouest de l’Allemagne, des structures d’accueil de la petite enfance : crèches et écoles maternelles, ce qui n’est pas sans conséquence sur la situation des femmes et donc sur la démographie avec une baisse du taux de natalité à compter des années 2000.

Pour ce qui concerne le marché du travail, ce sont quatre lois successives dites « Harz » I à IV qui vont permettre de dévaluer la force de travail : facilitation des licenciements et du recours à l’intérim, baisse de la durée d’indemnisation du chômage (32 à 12 mois, 18 mois pour les plus de 55 ans), mise sous surveillance des chômeurs de longue durée en exigeant une transparence totale de leurs épargne et patrimoine pour la détermination de leur indemnité différentielle, ils doivent par ailleurs accepter n’importe quel poste et le service de l’emploi pour exiger à tout moment qu’il participent à des tâches d’intérêt collectif moyennant une rémunération supplémentaire de 1 eurosde l’heure. C’est avec la création des « minijobs » à moins de 400 eurospar mois pour quelques heures de travail par semaine, exonérés de toutes charges patronales, avec peu de cotisations salariales et aucune ouverture de droits à la retraite que la coalition SPD-Verts à la manœuvre va durablement modifier la situation de la classe ouvrière allemande et marquer la période.

Il faut ajouter l’augmentation de la TVA passée de 16 à 19 % en 2007 en contrepartie de la baisse de cotisations sociales patronales. L’ensemble de ce programme sera mis en œuvre malgré les manifestations de centaines de milliers de personnes qui ont eu lieu pendant toute l’année 2004, en particulier dans l’Est. L’hémorragie d’adhérents au SPD pousse Schröder à démissionner de sa présidence en 2004.

La même année, les tensions au sein du SPD aboutissent à la scission de la WASG (Alternative électorale travail et justice sociale) emmenée par Lafontaine et qui, en fusionnant avec le PDS (Parti socialiste unifié d’Allemagne, issu du parti unique de l’ex-RDA), aboutira à la création en 2007 de Die Linke (La Gauche) qui espère récupérer la base sociale du SPD pour poursuivre sa politique. Le nouveau parti social-patriote a attiré irrésistiblement les centristes allemands (pablistes-mandélistes, pablistes-grantistes, cliffistes…). Mais DL n’a, comme le SPD, pas d’autre politique que la défense du capitalisme allemand et la servilité à l’égard de son Etat. En effet, la pratique a vite démenti la démagogie réformiste : dans le gouvernement de Berlin de 2001 à 2011, DL a privatisé, secouru la Berliner Bank, prolongé le temps de travail des enseignants, réduit le salaire des fonctionnaires ; au gouvernement du land (région) du Brandebourg depuis 2009, DL s’associe à la réduction des effectifs de fonctionnaires et à l’accroissement des prérogatives de la police.

La cogestion débouche sur la flexibilité

La domination de la bourgeoisie sur le classe ouvrière est confortée par un processus d’intégration à l’État bourgeois des bureaucraties ouvrières : les appareils du SPD et de DL par leur participation à la haute administration, aux parlements fédéraux et régionaux ; celui des centrales syndicales  la DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund, Confédération allemande des syndicats, plus de 6 millions d’adhérents), par la « cogestion » au sein des branches et des entreprises, mise en place dès 1952. Cette étroite collaboration des bureaucraties ouvrières avec les patrons s’explique d’autant mieux que, d’une part l’État bourgeois allemand de la RFA se reconstitue sous l’égide des armées des impérialismes vainqueurs qui l’occupent, et que d’autre part, le stalinisme qui est installé dans la partie Est sert de repoussoir. Ainsi le KPD, qui soutient la bureaucratie de RDA, n’obtient que 2,5 % des voix en 1953, avant d’être interdit en 1956. Même le SPD passe de 875 000 adhérents en 1947 à 185 000 en 1955.  Dès sa création en 1946, la DGB, bien que liée au SPD, se proclame neutre politiquement. Elle renoncera officiellement à toute référence à la lutte de classe en 1966, à la suite du SPD qui, en 1959, adopte au congrès de Bad Godesberg l’économie de marché et rejette toute référence, même formelle, au marxisme.

L’État renonce à toute intervention : c’est aux employeurs de fixer, en accord avec les syndicats, les conditions de travail et de rémunération. En contrepartie de ce droit souverain, ils s’engagent à associer étroitement les représentants du personnel à l’administration de leurs entreprises. C’est ainsi que naît le système de la cogestion paritaire,… qui attribue aux syndicats la moitié des sièges dans les instances dirigeantes. (Olivier Cyran, Le Monde diplomatique, septembre 2013)

Invoquant la cogestion, appuyé par la direction de la DGB, le patronat a longtemps récusé tout salaire minimum.

Jusqu’ici, les salaires étaient du ressort exclusif des partenaires sociaux, qui s’interdisaient toute ingérence de l’État. Mais de plus en plus d’entreprises se sont détournées des conventions collectives, laissant des pans entiers de l’économie échapper à tout contrôle. Résultat, seulement 31 % des sociétés et 50 % des employés allemands sont régis par des accords de branche. (Les Échos, 2 mai 2014)

C’est la cogestion qui a permis à la direction du DGB et de ses syndicats de branches de justifier sa participation à l’écriture des lois Harz, de soutenir le patronat allemand lors de la crise capitaliste mondiale de 2008-2009 en approuvant le licenciement des travailleurs intérimaires et la flexibilité des horaires et des salaires pour les autres.

Par ailleurs, depuis 2005, 4,8 millions de travailleurs (3,1 millions de femmes et 1,6 millions d’hommes) occupent les emplois précaires (« minijobs ») rémunérés moins de 400 eurospar mois pour quelques heures de travail par semaine, essentiellement dans les services. En outre, dans ce secteur très peu de salariés bénéficient de conventions collectives. Ces deux facteurs conjugués ont permis de maintenir à un bas niveau les prix des services, ce qui a concouru à améliorer la compétitivité-coût de l’industrie allemande.

La paupérisation de la classe ouvrière

À cela s’ajoute le fait que dans certains secteurs industriels comme l’agroalimentaire, tels les abattoirs, les patrons allemands ont recours aux salariés détachés, c’est-à-dire mis à disposition par une entreprise d’un autre pays européen aux conditions du pays d’origine de l’entreprise.

De 1998 à 2010, le pouvoir d’achat moyen d’un salarié a baissé de 1 % en Allemagne tandis qu’il a progressé de 18 % en France. Même dans les fleurons de l’industrie allemande : automobile, équipements industriels, l’aviation, les entreprise qui emploient des salariés qualifiés, de plus en plus de patrons se détournent des conventions collectives pour ne pas subir les lourdeurs des processus de négociation, les augmentations de salaires qui en découlent parfois et la rémunération de la cohorte de permanents syndicaux siégeant dans les conseils d’administration. La DGB commence à soutenir l’idée de la création d’un SMIC national avancée par DL et le SPD et voté par le conseil des ministres début avril 2014.

Ce SMIC à 8,50 euros de l’heure ne concernerait pas les jeunes de moins de 18 ans qui n’ont pas terminé leur formation, ni, durant six mois, les chômeurs de longue durée qui reçoivent une allocation de l’agence pour l’emploi. Les chiffres varient énormément pour évaluer le nombre de travailleurs qui bénéficieront de cette mesure. En outre, elle permettrait à l’État d’économiser.

Pour le Parti social-démocrate, qui avait fait de l’introduction du salaire minimal le thème central de sa campagne électorale, il va favoriser la demande et diminuer les aides publiques. En effet, actuellement, 1,3 million salariés (dont 218 000 travaillant à plein temps) reçoivent une aide de l’État car ils ne gagnent pas assez pour vivre correctement. Cette aide coûte 11 milliards par an à l’État. L’introduction d’un salaire minimal devrait permettre  à certains salariés de ne plus percevoir ce complément de revenu. (Le Monde, 1er avril 2014)

Par ailleurs, le patronat agricole envisage de délocaliser ses productions compte tenu des surfaces de terres agricoles achetées, en Roumanie en particulier où le SMIC dépasse tout juste l’euro de l’heure. L’avenir des retraités futurs est entamé par la baisse du taux de remplacement des revenus instaurée par les réformes adoptées pendant les gouvernements Schröder. Depuis 10 ans, les travailleurs allemands ont payé à des degrés divers et au prix fort la marche à la compétitivité qui permet au capitalisme allemand de maintenir sa place de 1er exportateur européen et de 3e mondial : la rémunération réelle hors inflation du salaire moyen n’avait pas retrouvé en 2012 son niveau de l’année 2000, la précarité a explosé.

L’Allemagne fait partie des trois pays européens — après la Bulgarie et la Roumanie — où l’écart de revenus entre les 20  % les plus aisés et les 20  % les plus pauvres s’est le plus creusé entre 2000 et 2010. (Olivier Cyran, Le Monde diplomatique, septembre 2013)

La bourgeoisie allemande en voie de surmonter sa défaite historique de 1945

Les attaques anti-ouvrières du gouvernement SPD conduisent à la victoire de la CDU lors des législatives de 2005 : Angela Merkel est désignée chancelière par le Bundestag (la chambre des députés) à la tête d’un gouvernement de coalition » entre la CDU-CSU et le SPD. Le parti traditionnel de la classe ouvrière accepte non seulement de gérer le capitalisme allemand, mais de se joindre au principal parti bourgeois, pour boucher toute perspective propre au prolétariat. Il récidive en 2013.

Les trois gouvernements Merkel successifs héritent d’une situation extrêmement favorable compte tenu des effets combinés de la réunification et de la politique menée pendant les deux mandats Schröder, il bénéficie également d’une conjoncture dans laquelle les pays émergents commencent à décoller. La supériorité industrielle et les gains de compétitivité réalisés pendant les sept années précédentes permettent au capitalisme allemand d’être en ordre de bataille pour limiter la désindustrialisation, gagner des parts de marché dans le continent et les maintenir dans le monde, au contraire de ses concurrents européens et américain. La crise capitaliste, tout en affectant l’Allemagne dont le PIB a baissé alors et qui n’a pas respecté les règles de déficit et de dette publics qu’elle avait fixées à toute l’UE en 1992, a creusé l’écart avec la France qui ne s’en est toujours pas remise.

En septembre 2013, l’effondrement électoral du FPD oblige Merkel à proposer au SPD de s’associer au gouvernement CDU-CSU, ce que les « réformistes » acceptent volontiers.

La bourgeoisie allemande, malgré sa supériorité économique, avait été contrainte, à accepter pendant 50 ans bien des exigences de la bourgeoisie française (dont la décision d’une monnaie unique en 1992). Durant cette période, elle a progressivement renforcé son armée, sa diplomatie. Actuellement, près de 5 000 militaires allemands sont présents sur neuf théâtres d’opérations extérieures. Elle est devenue le 3e exportateur d’armes du monde, devançant la France et la Grande-Bretagne. Elle commence à affirmer, avec précaution, sa prédominance au sein de l’Union européenne.

Que le centre de gravité de l’Union européenne se soit déplacé ces dernières années de Bruxelles à Berlin ne fait pas l’ombre d’un doute pour les Grecs, qui vouent aux gémonies la chancelière allemande, Angela Merkel, et ignorent superbement le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ni pour Michel Sapin, le ministre français des finances, qui s’est déplacé à Berlin le 7 avril pour présenter à son homologue, Wolfgang Schäuble, le détail des 50 milliards d’euros d’économies avant même que le premier ministre, Manuel Valls, en informe les Français. Ni pour le chef du gouvernement polonais, Donald Tusk, qui compte explicitement sur Berlin pour contenir les ambitions de Vladimir Poutine. Ni pour les gouvernements chinois et américain qui, ces dernières années, ont directement géré la crise de la zone euro avec Angela Merkel et Wolfgang Schäuble. (Le Monde, 2 mai 2014)

Mais si l’UE lui a permis d’avancer, celle-ci n’est pas capable d’unifier l’Europe et ne détient donc pas de force militaire propre. L’infériorité militaire et la mémoire de l’échec du 3e Reich handicapent encore l’impérialisme allemand face aux contre-offensives de l’impérialisme russe, comme en Ukraine en 2014.

Une autre faiblesse est le revers de la politique budgétaire. En 2012, le niveau de dépenses publiques était très faible, 3,9 points de PIB de moins en moyenne que les autres pays de la zone euro ; 11 points de moins que la France et 13 de moins que le Danemark. Même les dépenses publiques britanniques sont supérieures de 4,3 points de PIB. En Europe, seules la république tchèque, la Roumanie et la Slovaquie sont en dessous de ce pourcentage. Ce bas niveau implique que l’Allemagne est un des pays développés qui dépense le moins en investissements publics, infrastructures de transports, etc. aujourd’hui le niveau ce ces dépenses n’est pas en mesure de compenser l’usure des équipements existants.

La pénurie d’accueil des jeunes enfants contribue à l’implosion démographique : la natalité est faible et la population allemande vieillit plus vite que les autres européennes. Depuis le début des années 2000, l’Allemagne a perdu 400 000 habitants alors que, sur la même période, la France en a gagné 4,9 millions. Par conséquent, le faible taux de chômage allemand est aussi dû au fait que peu de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Le système de formation souffre aussi. Heureusement, la pénurie d’ingénieurs est compensée par l’immigration de jeunes qualifiés formés dans d’autres pays d’Europe touchés par la stagnation (France) ou la dépression (Espagne, Grèce), le capitalisme allemand profitant des dépenses de formation de ces États… à qui il reproche leur déficit.

Pour retrouver le chemin de la lutte de classe, pour la dictature du prolétariat

Des mouvements de grève puissants ont eu lieu depuis l’année 2011 qui aboutissent à des augmentations de salaires à la Poste, à la Lufthansa, dans la métallurgie, les services publics… En février 2014, des milliers d’étudiants ont manifesté pour que les réfugiés aient des permis de séjour.

Si la bourgeoisie allemande peut encore aujourd’hui se permettre de rémunérer une « aristocratie ouvrière » et de supporter l’entretien des bureaucraties ouvrières, c’est au prix de la surexploitation locale des travailleurs précaires, allemands et immigrés, ainsi que de la participation à l’exploitation des classes ouvrières d’Europe de l’est. Cependant, cette situation ne pourra durer, car la course à la compétitivité est, comme le tonneau des Danaïdes, sans fin et la rivalité avec les autres puissances impérialistes exigera l’accentuation des dépenses militaires.

Une fois de plus, le SPD participe au gouvernement bourgeois sous les ordres de Merkel. Die Linke se contente de la promesse de modifier la distribution des richesses, sans mettre en cause la propriété privée et l’appareil répressif de l’État, ni même les lois Harz.

La cogestion associant syndicats au patronat, le social-patriotisme et l’étatisme du SPD et de DL subordonnant le prolétariat à l’intérêt national et à l’État bourgeois, sont les obstacles majeurs que la classe ouvrière trouve sur le chemin de son unité, de son indépendance, de son combat.

Il faut au prolétariat entreprendre d’arracher les syndicats DGB et DDB à la cogestion et aux bureaucraties syndicales corrompues, s’organiser au feu des luttes dans des conseils qui dépassent les frontières des syndicats et des entreprises. Pour y parvenir, son avant-garde doit surmonter le handicap du stalinisme et de la sociale-démocratie, se regrouper dans un parti révolutionnaire et internationaliste, renouer avec le programme communiste et internationaliste de la Ligue des communistes de 1848, de la Ligue Spartakus de 1918, de l’Internationale communiste de 1919 et de la 4e Internationale de 1938.

12 mai 2014, Julie Larousse