NPA : Réunion publique avec Philippe Poutou à Limoges, 25 janvier

Nous étions 3 à nous rendre à la réunion, accueillis dans une ambiance conviviale. Quand Rosa dit à une militante que nous sommes du GMI elle acquiesce nous reconnaissant sans problème : « c’est vous qui diffusez dans les manifs ». Nous sommes un peu en avance et discutons du PS, de Mélenchon, qui ne plait guère quant à sa position sur la Syrie. Je reconnais une vingtaine de militants limougeauds, avec qui j’ai milité. Des militants de la Creuse se sont aussi déplacés, un ne m’est pas inconnu. Au total entre 65 et 70 personnes. À noter l’absence des dirigeants locaux historiques de la LCR (depuis 1979 pour l’un, les années 1990 pour un autre) qui ont fondé le NPA mais qui sont passés à Ensemble, ce qui leur a permis d’obtenir des places d’élus localement.

Au lieu d’expropriation des grands groupes, c’est « Réquisition » sur les affiches. La banderole du NPA, c’est toujours « Nos vies valent mieux que leurs profits ».

Poutou intervient autour de ¾ heure. Il donne la vision NPA de la situation internationale et française : élection de Trump, affaire Fillon et casseroles multiples « à droite » et « à gauche ». Il ajoute que la crise du capitalisme nous mène à des situations comme en Grèce. Il ne dit rien sur la responsabilité de Syriza qu’il dédouane en posant ce parti comme victimes de l’UE. Il critique l’UE des capitalistes sans jamais dire qu’il faudrait les États-Unis socialistes d’Europe, mais parle d’une simple « Europe des peuples ». Le vocabulaire est flou : jamais de termes comme « la classe ouvrière », « la bourgeoisie », « l’impérialisme français », « l’État bourgeois », « le socialisme », « la révolution ». Selon Poutou, il faut « résister partout » pour empêcher la « perte des acquis ». Et ça, « ça peut payer si les luttes convergent ». La lutte « inscrite dans la durée » contre la loi travail montre la voie selon lui.

Je suis intervenu pour dire deux désaccords :

  1. - Les revendications sont insuffisantes si on ne dit pas quel type de gouvernement il faut pour réaliser de telles mesures, il y a un vide. Le socialisme, le renversement du capitalisme par la classe ouvrière ne tomberont pas du ciel, simplement par le fait « des luttes ».
  2. - Sur la loi travail, seule une grève générale pouvait permettre de gagner. Les 14 « journées d’action » des directions syndicales ont servi à faire passer la loi et n’ont mené qu’à la démoralisation, l’usure de l’énergie et des portefeuilles. Elles n’ont en rien servi de tremplin pour une grève générale, ni même pour une « convergence de luttes ». Il faut dénoncer les directions syndicales en cela, quant à leur dispositif qui mène à la défaite. Ca fait des dizaines d’années que ça dure et que les travailleurs perdent.

Correspondant